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Calvière (Marquis de)

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Charles-François de Calvière (1695 – 1777)             Source  Philippe Colaneri

Dans le prolongement de l’abrégé historique du Rite Ecossais Primitif rédigé par Robert Ambelain, nous proposons au lecteur, une étude plus détaillée des activités du Marquis de Calvière(s), initié par un seigneur écossais de la suite des Stuarts, le Jacobite, milord comte Balmerino. (cf. dictionnaire de la FM, Daniel Ligou).

 De noblesse languedocienne, le marquis de Calvières fut d’abord page de la Petite Ecurie en mars 1711 et compagnon de jeux du jeune Louis XV, puis écuyer ordinaire du roi, exempt major et chef de brigade des gardes du corps compagnie de Villeroy en 1743, lieutenant général enfin et membre honoraire de l’Académie de peinture et de sculpture en 1747. Dans une note, Bertin du Rocheret indique que M. de Calvières était le Maître et le Vénérable de la loge des Etats du Languedoc. Il est probable que, pendant son séjour parisien, M. de Calvières a fait partie de la loge de Bussi-Aumont. Il est alors ‘‘Dépositaire de l’Ordre’’. […] D’après l’ouvrage de Joanny Bricaud sur les Illuminés d’Avignon : « … Ce fut l’Ecossais jacobite milord, comte de Balmerino … qui initia en 1736 le marquis de Calvières (sic), lequel devint le fondateur et le Vénérable de la première loge avignonnaise Saint-Jean d’Avignon… » (op. cit. p. 21-22). Confirmation du fait est donnée par le Frère abbé Le Camus, aussi membre de Bussi-Aumont qui écrit le 23 novembre 1737 à Bertin du Rocheret : « … Nous avons eu des nouvelles du Frère de Calvières qui avait établi une loge brillante à Avignon, dès qu’il a été informé de ce qui se passait ici, il a cessé toutes ces assemblées… ». (BN, ms fr. 15176, f° 330 v°).

L’esprit dans lequel le marquis de Calvières a fait acte de maçonnerie, il nous le dit lui-même dans sa correspondance avec Bertin. Le 28 janvier 1746, il écrit de Marly au président : « … la massonerie nous a éclairé sur les préséances, nous ne sommes jaloux que de conserver l’égalité, et par conséquent l’union, le bien le plus désirable de la vie… » (Bibl. d’Epernay, ms 133 ; non folioté). Dans la même lettre, le marquis transporté par un véritable enthousiasme fraternel s’écrie : « … Vive les présidents qui sont bons massons, qui font de jolis vers et de bonne prose et qui n’en trouvent pas moins le loisir de boire, de faire boire leurs amis et de s’acquitter de tous les devoirs de leur état. Ils sont rares de ce nombre, mais j’en connais un et je le vénère… » (ibid). Dans un post-scriptum à cette même lettre faisant allusion à la politique, il ajoute : « … pour moy, je voudrais que tout le monde fût content, mais il faudroit pour cela que tout le monde fût masson ; pouvons-nous raisonnablement espérer de voir de nos jours un établissement aussi favorable à l’espèce humaine ? Pour moy, je ne m’en flatte point et me contente de bene vivere, bene cenari et quidquid bonum et honestum est, fraternis visceribus intueri… » (ibid.). Dans sa correspondance conservée à la Bibliothèque Calvet d’Avignon, Calvières déplore en 1762 la proscription et la suppression des jésuites et manifeste sa désapprobation à l’égard des écrivains novateurs. Il écrit ainsi à Esprit Calvet : « … Ne me répondés point sitôt, attendés au moins une quinzaine de jours pour me donner de vos nouvelles et de celles de la Patrie que je regarde d’un œil tout différent de nos philosophes… ». (Bibl. d’Avignon, ms 2356, f° 45). Sociable et donc Franc-Maçon, comme beaucoup d’autres nobles du temps, Calvières a goûté à l’égalité dans le cercle fermé d’une loge, mais sans donner dans les idées nouvelles. Il offre un exemple de plus des contradictions de la haute société de l’Ancien Régime à son déclin.

Le petit-fils du marquis était député et pair de France sous la restauration.

André Kervella fournit dans son ouvrage ‘‘La Passion écossaise’’ de multiples informations sur les activités maçonniques du marquis de Calvières, dont nous retiendrons celle-ci : « En Avignon, la conjoncture est un peu nébuleuse. En 1737, le marquis de Calvières y fonde la première loge. Il profite d’une longue absence de Paris pour jouer les pionniers de l’Art Royal. On dit qu’il attire des gens en renom et que l’assemblée qu’il parvient vite à former est brillante. Mais il apprend tout aussi vite les tracas essuyés par ses frères de Paris, et décide alors de suspendre son activité (apparemment pour trois ou quatre ans). »

Nota : Comme pour beaucoup d’ ‘‘acteurs’’ de la Franc-Maçonnerie, nous trouvons selon les écrits, diverses orthographes, dont celle du marquis de Calvières, avec un s ou sans s.

 

(Document déposé sur le site du Rite Ecossais Primitif en décembre 2013)

1 comment

  1. Vincent

    Bonjour,

    Je fais un travail de recherche sur la FM dans le Languedoc et j'aimerai m'entretenir avec vous sur l'article ci-dessus.

    Pourriez-vous me contacter par mail afin que je vous communique mon n° de téléphone ou que vous me communiquiez le votre ?

    Fraternellement,

    Vincent

     

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