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Moray Robert

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Robert Moray (1607 ou 1608 – 1673)moray1

Source : Dictionnaire de la FM – D. Ligou (PUF)

Ecossais qui fut l’une des grandes figures de l’Angleterre du XVIIe siècle et le premier spéculatif avéré admis dans une loge de maçons du Métier.

Esprit extrêmement ouvert et curieux, il eut une vie pleine d’aventures et des activités multiples. Homme de science et ingénieur, il s’intéressa aussi à l’alchimie et à la Rose-Croix, à l’hermétisme et au symbolisme, tant de l’Antiquité classique que de la Renaissance.

Il servit dans l’armée française (notamment comme Colonel de la Garde Ecossaise) et dans celle des Convenantaires écossais presbytériens (comme Quartier-Maître-Général). Il fut même prisonnier des Impériaux, en Bavière (1643-1645). Fait chevalier par le roi en 1643, Sir Robert Moray participa à plusieurs complots royalistes et dut s’exiler en 1654…  A la Restauration, en 1660, il regagna Londres et devint l’un des habitués de Whitehall, ami et conseiller écouté de Charles II. Dès cette année, il joua un rôle prépondérant dans la fondation de la Royal Society, dont il fut le premier président.

Source : Roger Dachez – La création de la FM spéculative moderne

moray2Le 20 mai 1641, certains membres de la Loge d’Edimbourg, servant dans l’armée écossaise, reçurent maçons Robert Moray et Alexander Hamilton, ce dernier étant général de l’armée. Ces deux personnages sont les premiers maçons spéculatifs connus à avoir été reçus en terre anglaise… mais ce sont des écossais ! …

Ils furent admis par un certain nombre de membres de la Loge d’Edimbourg agissant ainsi en délégation pour le compte de cette loge, en dehors de son lieu habituel de réunion. C’était une pratique habituelle de la maçonnerie écossaise au XVIIe siècle.

Robert Moray eut une existence aventureuse, tant par les événements qu’il vécut que par ses centres d’intérêts. Ayant été fait prisonnier en 1645 en Bavière …, il avait après la rébellion écossaise redonné son soutien au roi Charles Ier. […]

En 1647, on signale sa deuxième participation à une réunion de la loge d’Edimbourg, au cours de laquelle fut admis un médecin du roi. Il n’existe aucun témoignage documentaire d’une activité maçonnique de Moray au sein de la loge d’Edimbourg ou d’aucune autre loge. De nouveau impliqué dans une révolte écossaise contre l’occupation anglaise, il doit fuir vers l’exil sur le continent, de 1657 à 1660. Revenu auprès du roi après la restauration de 1660, il coulera des jours tranquilles, et mourra dans un certain dénuement en 1673, considéré comme l’un des rares familiers de la Cour exempts de tout esprit de corruption et de lucre.

A lire le récit de cette vie aventureuse, on peut s’interroger sur la place et la signification que pouvait avoir, pour Robert Moray, l’engagement maçonnique qu’il avait contracté en 1641. Or, tout démontre que la maçonnerie joua dans sa vie personnelle un rôle très important. […]

Selon Robert Moray, lui-même, la marque de maçon qu’il avait choisie (le pentagramme) résumait sa philosophie chrétienne, platonicienne et stoïcienne, et faisait surtout fortement allusion à un idéal fraternel. Cet idéal fut, tout au long de sa vie, celui de Robert Moray, et il est peu douteux qu’il vit dans les loges un lieu où de tels sentiments étaient, plus qu’ailleurs, cultivés. Il y pressentait une pratique vécue de la fraternité qui tranchait si profondément avec les conflits meurtriers et sanglants que généraient, partout autour de lui, les passions politiques et religieuses.

De plus, il partageait avec d’autres un goût très vif et des connaissances indéniables dans le domaine des mathématiques, de la technologie et des sciences, et ne pouvait dès lors que se sentir proche de ces maçons qui cultivaient la tradition de l’architecture et de la géométrie, qui lui-même voyait, à l’instar de tous les intellectuels de la Renaissance, comme la science par excellence.  Il prendra part, du reste, dans le cadre des travaux de la Société royale de Londres, à une histoire des métiers et notamment, bien sûr, du métier des maçons. Enfin passionné par l’hermétisme, …  il n’avait pas manqué de pressentir le contenu ésotérique que William Schaw avait sans doute voulu introduire dans les loges, notamment à travers les spéculations relatives à l’art de la mémoire – un procédé mnémotechnique hérité de l’Antiquité, poursuivi au Moyen-âge et devenu, à la Renaissance, un art pour exercer l’imagination active.

Dans ces conditions, on ne doit tirer aucune conclusion erronée du fait qu’on ne connaisse de lui par les documents que deux participations effectives à une tenue de loge. Tout d’abord parce que la périodicité de réunions d’une loge écossaise, au XVIIe siècle, était très faible et, plus encore, parce que, à travers les abondants commentaires de Robert Moray sur sa marque, et après le fréquent usage qu’il en fit dans sa vie, nous voyons combien son attachement maçonnique a compté pour lui.

C’est du reste, cette marque (le pentagramme) elle-même qui exprime pour Moray tout ce que représente la maçonnerie. Nous avons vu que la notion qu’il en a est à la fois riche et complexe. Robert Moray ne peut à l’évidence être présenté comme un maçon typique du XVIIe siècle écossais.

On peut ainsi mieux comprendre la vie de ces premières loges écossaises, telle que les documents qui nous sont parvenus permettent de le retracer. Elles se réunissent  exclusivement pour réaliser des initiations et faire de certains apprentis entrés des compagnons du métier. Elles s’efforcent souvent d’intervenir dans le contrôle du métier, mais il est clair que, la plupart du temps, l’essentiel du pouvoir leur échappe non seulement parce que l’influence de l’incorporation demeure généralement très forte, à travers un modus vivendi diversement établi selon les localités, mais aussi parce que, très tôt, de nombreux maçons ne se soumettent pas à ces institutions semi-officielles, à l’autorité mal définie, plus ou moins secrètes, que sont les loges. Il reste cependant un fort attrait pour la convivialité qu’elles offrent, et dont la recherche, dans toutes les couches de la société, est une caractéristique générale de la civilisation britannique dès le début du 17e siècle. Enfin comme le faisaient jadis les confréries, elles procurent un système fruste, mais réel, de solidarité dans les épreuves. Les archives montrent que les loges se réunissent ainsi très peu dans le cours de l’année. […]

Source : Alec Mellor – Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie

[…] A la circonstance d’être entré dans l’histoire, sir Robert Moray unit celle d’avoir été un homme remarquable. Il avait tout jeune pris du service en France et mérité d’être promu colonel par le cardinal de Richelieu. Rentré en Angleterre, il fut l’un des fondateurs de la Royal Society, dont le rôle dans l’éclosion de la Franc-Maçonnerie spéculative nous est ainsi attesté une nouvelle fois, bien antérieurement à J.-Th. Desaguliers, et même à Elias Ashmole.

Nous retrouvons sir Robert Moray en loge le 27 juillet 1647, à l’occasion de l’initiation d’un autre non opératif, William Maxwell, médecin du roi.

Moray fut, sa vie durant, un royaliste fidèle aux Stuarts, ayant proposé en 1646 à Charles Ier, un plan d’évasion que ce dernier écarta. Après la restauration, il entra au Conseil privé de Charles II. Il fut enterré à Westminster.

Enfin André Kervella, dans son ouvrage ‘‘La passion écossaise’’ (p. 88), n’exclut pas l’action des membres de la Royal Society dans une libération des censures imposées par la dictature de Cromwell, dont les principaux fondateurs sont depuis longtemps acquis à la cause de Charles IIMoray, Ashmole, Wren et quelques autres en sont. A. Kervella rajoute : « Comme son nom l’indique, la société est royale ; elle se justifie par cette épithète, qu’il valait mieux glisser sous le boisseau durant la décennie précédente. De là à reprendre la thématique du règne de Jacques VI-Ier, une telle tentation se légitime. Par contrecoup, les loges de métier s’appliquent à l’importer en leur sein, cela ne constitue pas non plus une anomalie. »

 

(Document déposé sur le site du Rite Ecossais Primitif en décembre 2013)

 

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