Origine Maçonnerie écossaise templière

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               Les chroniques écossoises du REP            

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 Titre

Origine de la Maçonnerie écossaise templière

 Auteur J. P. DUBREUIL
 Source

..Histoire des Francs-Maçons,

..Edition de 1828 (non rééditée)

Extrait Chapitre ‘‘La Maçonnerie en Angleterre’’, tome II, page 46  

     Des auteurs anglais pensent que les confréries des Maçons étant nombreuses et très puissantes au XIVe siècle, les chevaliers Templiers se réfugièrent, après leur désastre, chez elles, et se couvrirent de leur voile, pour pouvoir pratiquer leurs mystères et enseigner leurs doctrines.

     Cela paraît d’autant plus croyable que la légende d’Hiram et celle du temple à rebâtir peuvent être prises à la lettre par les profanes pour des légendes analogues à celle des Maçons de pratique. Quoi qu’on en dise, c’est d’après les principes des Templiers, que s’est formé  le régime du rite primitif de la grande loge d’Ecosse  ; peu importe l’époque. Ces mêmes auteurs rapportent, pour appuyer leur système, que Bruce, roi d’Ecosse, fut le f1ondateur de cet ordre maçonnique en 1314, et que le 24e jour de ladite année, il institua l’ordre de Saint André du Chardon (1), en mémoire des fidèles Ecossais qui s’étaient immortalisés à la bataille de Bannockburn, où ce monarque, avec trente mille Ecossais, avait battu cent mille Anglais.

     Bruce en instituant cet ordre y aurait, selon les mêmes légendaires écossais, uni l’ordre d’Herodom, conservant, pour lui et ses héritiers, le titre de grand maître de la respectable loge d’Herodom, qui fut présidée par différents rois d’Ecosse, et qui transféra son siège à Edimbourg. Il paraîtrait, d’après cette légende, que cet ordre aurait pris son origine à l’époque de la destruction des Templiers. De cette fusion, réelle ou non, naquirent des grades chevaleresques dans lesquels on professe aujourd’hui des doctrines qui ne sont aucunement celle des anciens croisés, c’est-à-dire celle des éléments ou de la génération, destruction, réintégration, ou résurrection égyptiennes, remplacées par des légendes théosophiques ayant pour but les doctrines de Rome. Ces ordres ou grades, non seulement furent accordés par la grande loge d’Ecosse, mais ils furent aussi délivrés et le sont encore par des commandeurs de l’intérieur du temple, qui les répandirent en Europe et les apportèrent en Amérique vers le milieu du dernier siècle : telle est l’origine de la Maçonnerie Ecossaise Templière.

     En Angleterre, après le règne de Henri II, des évêques ou des grands seigneurs furent les grands maîtres des Maçons. Henri VI (Acta Latomorum, vol. I, page 9), en 1442, après avoir été instruit des mystères, des objets, des études de la confraternité, se fit initier et s’appliqua à l’étude de l’art royal. Son exemple fut suivi par tous les seigneurs de la cour. Son conseil approuva les chartes anciennes et les privilèges des Maçons. Daubusson, en 1485, fut élu grand maître des Maçons, quoiqu’il fut G:.M:. des Ch:. de Saint Jean de Malte. Dans cette circonstance, les Ch:. de Malte rivalisèrent de zèle pour l’ordre des Maçons avec les anciens Templiers. Quoique nous n’en ayons aucune preuve, il paraît plus que certain que c’est depuis ces époques que la haine des Templiers envers les Maltais s’est apaisée, et que quelques souvenirs de ces circonstances auront peut-être occasionné à des innovateurs, par la suite des temps, l’introduction de la chevalerie de Malte, qui est dès à présent greffée sur la Maçonnerie d’Angleterre et d’Amérique, plus particulièrement que sur celle de France, d’Allemagne, d’Italie et de Suisse.

     Henri VII, en 1502, présida comme grand maître, une grande loge de Maçons qui se réunit dans son palais. Le cardinal Wolsey fut créé grand maître en 1509. Des hommes illustres continuèrent à être grands maîtres jusqu’en 1561. Dans cette année, la reine Elizabeth, après avoir été instruite des objets des réunions maçonniques devint la protectrice de l’ordre. En 1603, Jacques Ier se déclara protecteur de l’ordre, et Inigo Jones, savant et architecte célèbre, fut nommé grand maître. A cette occasion, la Maçonnerie anglaise reçut un nouveau lustre. Beaucoup de gentilshommes se firent admettre dans la confraternité, ce qui prouve qu’elle avait quelque attrait scientifique, religieux et politique ; car il n’est pas possible d’imaginer ce concours d’hommes illustres pour l’admission, si cette société n’avait eu d’autre but que celui des amusements frivoles ou des dévotes prières qu’on pratique de nos jours dans différents grades et ordres chevaleresques.

     Christophe Wren qui était, en 1663, surveillant de la confraternité des Maçons à Londres, étant devenu G:.M:. en 1698, avait tiré d’une société templière, qui se conservait à Londres, l’idée et le fond d’une nouvelle société maçonnique dont il fut établi le restaurateur.

     Les Maçons templiers étaient en grand nombre et en grande réputation vers le XIIe siècle et jusqu’au XIIIe siècle ; Wren ne fit que modifier leurs institutions.

     L’Angleterre avait été dans une violente fermentation par le penchant de Jacques II vers le despotisme.  Wren, un siècle après, chercha par une réforme à établir une concorde fraternelle parmi les hauts personnages qui composaient la société des Francs-maçons acceptés ; il voulait, par une uniformité de grades et d’honneurs, réconcilier l’homme avec l’homme, en fixant dans cette même société le point de réunion du genre humain. Il proposait par ses institutions des principes pleins de tolérance, de bienveillance et de charité.

     Voilà comment plusieurs auteurs  établissent l’histoire de l’introduction  ou de l’origine de la Maçonnerie templière  en Angleterre, qui a bien, si l’on veut, des degrés d’une nomenclature différente de l’écossaise ou de l’irlandaise, mais qui est la même dans les doctrines.

     Ces faits doivent avoir introduit les premiers changements que la Maçonnerie a éprouvés, c’est ce qui explique comment il a pu s’introduire des commémorations templières de Rhodes et de Malte, que les innovateurs ont entées sur la Maçonnerie en y reproduisant ces ordres. Néanmoins il sera très difficile d’expliquer de quelle manière, sans un but réel, il a pu s’introduire tant de rites et d’ordres égyptiens, mysraïmitiques, chevaleresques, templiers de vingt espèces, écossais, irlandais, anglais, français, allemands, juifs, grecs chimistes, alchimiques, cabalistiques, et tous peu philosophiques, qui sont accordés par communication pour de l’argent, sans qu’il se trouve une instruction réelle dans les cahiers. Un tel est fait chevalier avec deux mots à huis clos, et cela, pour avoir tel ou tel cordon et une stalle à l’Orient.

     Aux époques de Wren, différentes confraternités maçonniques existaient en Angleterre : elles suivaient différents rites. La plus illustre était celle d’Yorck qui prétendait avoir été instituée en 926, par le prince Edwing ; celle-ci donna des constitutions aux loges d’Angleterre et à celles de Londres (2) ; elle prit le titre distinctif de grande loge des Maçons d’Yorck ; son rite se composait d’une partie des grades écossais de Kilwinning et d’Herodom.

    La grande loge de Londres  s’est ensuite vantée de son ancienneté sur les autres loges anglaises,  écossaises et irlandaises ; mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’elle a tiré son existence de celle d’Yorck, et qu’on ne peut éclaircir si ses titres sont vrais ou faux, car ses archives ont été brûlées en 1720. On a été très affligé de cet accident qui a détruit une infinité de documents sur la Maçonnerie ; mais ce qu’on a regrette le plus, c’est un ouvrage du frère Nicolas Stone qui contenait des détails très étendus sur l’origine, les devoirs et les secrets de la confraternité. […]

     Toutes les loges de l’empire britannique reçurent leurs institutions, ou de la Grande Loge d’Yorck, ou des grandes loges d’Ecosse de Kilwinning et d’Herodom, ou d’Irlande. La Maçonnerie fut troublée et persécutée dans ce pays, et des schismes naquirent ente ses rites. Au commencement du XVIIIe siècle, la Grande Loge de Kilwinning et d’Herodom fut obligée par des circonstances de suspendre ses travaux jusqu’en 1738. Sur ces entrefaites, le frère Rosslyn de Saint-Clair établit une nouvelle loge à Edimbourg, pendant que la première tenait son atelier fermé.

     Cette nouvelle loge fut appelée grande loge de Saint Jean ;  déjà plusieurs membres de la famille de Rosslyn avaient rempli la place de grands maîtres de l’ordre de Saint Jean, qui avait été institué en faveur de cette famille par Jacques II, roi d’Ecosse, en 1437 : ce roi avait voulu récompenser Guillaume de Saint-Clair de son attachement particulier à sa personne, en lui donnant ainsi qu’à ses successeurs l’héritage de la grande maîtrise en chef, et en le nommant gouverneur des frères Maçons pour les grades symboliques. Cette grande loge de Saint Jean ne pouvait donner des constitutions que pour ces trois grades ; mais, dans la suite, on ne sait comment elle se permit d’en donner pour les hauts grades écossais, pour lesquels cette grande loge n’avait pas été constituée.

     Les rites en France, pour cette même cause, se querellent depuis près d’un siècle : mais les esprits étant plus calmes, on est descendu au fond de la question.

     En Ecosse et en Angleterre, à l’époque où la grande loge d’Herodom à Edimbourg reprit ses travaux, elle s’opposa à de pareils actes arbitraires et en arrêta le cours. La grande loge de Saint Jean rentra dans ses devoirs, en se bornant à délivrer les constitutions des degrés symboliques, pour lesquels seuls elle avait des pouvoirs, et en laissant à celles d’Herodom et de Kilwinning la profession et l’institution des hauts grades ; elle décida même que les frères qui auraient obtenu chez elle les trois grades symboliques pourraient passer ensuite dans celles d’Herodom et Kilwinning, pour l’admission aux grades supérieurs écossais templiers et philosophiques.

    C’est après ce temps, et dès l’époque de la grande maîtrise de Wren, qu’on a une histoire fidèle de la Maçonnerie en Angleterre. Pendant l’année 1703, dans laquelle arriva la mort de Wren, on commença à se relâcher davantage pour l’admission des frères ; cette année, une grande quantité de citoyens de toute condition furent admis à l’Initiation. On crut que la Maçonnerie acquerrait de l’éclat, mais le contraire arriva ; cette marche la conduisait à sa décadence, et, par ce mauvais expédient, le nombre des Maçons diminua considérablement, car cette fraternité, sans choix dans ses membres, non seulement négligea les séances ordinaires, mais encore les fêtes annuelles étaient presque oubliées ; cet état dura jusqu’au mois de février 1717. Alors les quatre loges qui existaient et qui avaient reçu leurs constitutions de la grande loge d’Yorck se constituèrent en chef d’ordre pour relever la Maçonnerie anglaise, en se donnant le nom de grande loge d’Angleterre avec la réserve modeste pro tempore.

[…]

 

DE L’ORDRE DES TEMPLIERS MODERNES (extrait tome II, page 108)

     Un grand nombre d’écrivains célèbres croient que l’ordre du Temple, qui parut en 1804, est une réforme maçonnique fondée sur les ruines des anciens Templiers. Il est à observer que ce nouvel ordre a des doctrines théosophiques en opposition avec la tolérance ; des croyances particulières à l’Europe, et contraires à celles de la Maçonnerie qui sont les fondements de ses statuts : par cette raison, nous ne pouvons regarder cet ordre comme une branche maçonnique.

     Les Orients de la terre ferme européenne n’ont pas encore reconnu cet ordre qui n’admet pas les grades symboliques ; ses représentants n’ont pas encore été reçus dans le giron du grand temple, ni ses doctrines approuvées par les ateliers des rites.

     Cet ordre se rapporte entièrement dans ses attributions à celui des Templiers, comme dans la stricte observance, dans le rite primitif, et dans plusieurs grades du rite Ecossais Ancien et Accepté, et comme, dans plusieurs Kadosch, il suppose être la continuation véritable des Templiers institués par Hugues de Payens, c’est de 1118 qu’il date ses actes ; il conserve les formes et les habits des Templiers et suit strictement la règle de saint Bernard, que le synode de Troyes, en 1127, a prescrite, et telle qu’elle fut donnée à Clairvaux. Ils conservent aussi les noms des mois hébreux ; ils sont habillés dans leurs assemblées avec une soutane blanche, et avec des manteaux sur lesquels il y a la croix teutonique, afin de rappeler le costume de cet ordre religieux et militaire. Dans leurs doctrines, ils suivent en entier les opinions théosophiques des Chrétiens orientaux, dits de saint Jean.

     Voici comment ils établissent leur légende : « Jacques Molay, disent-ils, étant en prison à la Bastille, et prévoyant que l’ordre du Temple pouvait être détruit, remit une charte par laquelle il créait un certain Marcus Larminius de Jérusalem, G:.M:. de l’ordre, avec pouvoir de nommer son substitut et ses successeurs ». Cette charte, que Larminius a laissée plus tard, fut écrite, à ce que l’on dit, par le même G:.M:. ; elle explique la volonté sur la disposition des charges et la discipline de l’ordre. Sur cette charte, qui est en parchemin, écrite en latin, se trouve la signature de Larminius, qui, de son vivant, institua pour son successeur à  la grande maîtrise des Templiers François-Thomas-Thibaut Alexandrin, sous la date du 13 février 1324 ; à celui-ci succéda, en 1340, un français nommé Arnould de la Bracque. On y trouve ensuite l’acceptation et la signature de vingt-deux autres grands maîtres de l’ordre qui se succédèrent jusqu’au dernier, Bernard-Raymond Fabre, sous la date du 10 juin 1804. Tous ces grands maîtres sont des Français recommandables par leurs dignités profanes ou par leurs talents.

     La généralité des frères Maçons n’accorde pas de croyance à ces documents ; elle les soupçonne forgés pour illustrer l’ordre ; elle croit aussi que ce sont des documents fabriqués après coup, comme tant d’autres, pour soutenir de petites prétentions. Ces incrédules font observer qu’il est impossible d’admettre la véracité de tous ces documents qui ne regardent que l’histoire, car ils ne peuvent avoir passé par les mains de tant de possesseurs différents, depuis un si long laps de temps, sans qu’aucun autre en ait pris connaissance et en ait parlé ou écrit. L’ordre du Temple prétend que, d’après les aveux des experts, ce parchemin porte des caractères incontestables d’authenticité. Il est plus facile de le croire que de le vérifier. Cet ordre conserve un coffret antique, en bronze, qui a la forme d’une église, où se trouve renfermés, dans un suaire de lin, des fragments d’os brûlés, que l’on prétend avoir été recueillis sur le bûcher où périt Jacques Molay. Ce suaire est brodé en fil blanc sur les bords, et, à son centre, est une croix templière brodée. Cet ordre prétend posséder aussi l’épée de Jacques Molay, ainsi que sa crosse et sa mitre. Il est notoire que les grands maîtres de l’ordre du Temple étaient investis de la dignité pontificale. On a fait croire, en outre, que l’ordre du Temple de Paris possédait non seulement l’institution chevaleresque militaire dont nous avons parlée, mais aussi celle de l’initiation religieuse. Cet ordre conserve différents manuscrits grecs et latins ; le principal est de 1154. Ils contiennent l’histoire de l’initiation lévitique depuis des temps très reculés, des documents sur la doctrine de l’initiation et sur la philosophie des prêtres égyptiens et juifs ; les évangiles primitifs ; l’histoire de la fondation du Temple ; les témoignages de la transmission légale de l’initiation lévitique et patriarcale à Hugues de Payens, premier grand maître de l’ordre des Templiers ; la table d’or ou liste des Grands Maîtres ; enfin la charte latine de Jean-Marc Larminius. En outre, cet ordre possède l’archétype de ses statuts et trois anciens sceaux qui servaient aux Templiers. Il faut y ajouter le beau-séant (étendard de l’ordre) en laine blanche avec les raies noires. Cet ordre se distingue par ses actes de bienfaisance. On a déduit de la légende de cet ordre, que les Templiers, qui avaient été assez heureux pour échapper à la persécution, s’étaient réunis en secret, après avoir ramassé les débris de leurs archives et de leurs titres, dans l’espoir qu’il pourraient, avec le temps, recouvrer leurs anciennes possessions et conserver toujours leurs grands maîtres.

[…]

     Les cérémonies de l’initiation se font devant un crucifix placé sur un autel à la romaine, avec des cierges, un pupitre et un missel. Il y a, en outre, lors des initiations chevaleresques, un prêtre de saint Jean, afin de rendre la cérémonie plus régulière et plus religieuse. Cet ordre, connu seulement depuis 1804, distribue les commanderies et les prieurés que les Templiers possédaient autrefois ; il autorise les évêques à porter la lumière et la chrétienté de saint Jean jusqu’aux Indes. […]

     L’ordre a également conservé les mêmes dignités dont il était jadis honoré.

     Le titre des nouveaux Templiers est  l’ordre du Temple ;  il le partage en deux classes : l’ordre du Temple  et l’Ordre d’Orient.  Ils prétendent suivre dans leur pureté primitive les doctrines des Chrétiens orientaux, connus sous le nom de Chrétiens de Saint Jean. Ils font un seul et même personnage de saint Jean l’évangéliste et de saint Jean Baptiste.

[…]

Document déposé sur le site Internet du REP en octobre 2014

 

CHARDON

(1) Dans différentes régions, les chapitres, qui ont des dimissoires du rite primitif écossais, ont adopté dans leurs sceaux et médailles des chardons.

(2) Dans toutes les constitutions et capitulaires que la Respectable Mère Loge d'Yorck délivre, elle rappelle toujours cette origine.

 

 

 

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