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Waldegrave James

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J. Waldegrave (1648 – 1741)                          Source : Pierre Chevallier

waldegrave1James, comte fils de lord Henri Waldegrave, marié à Henriette Fitz-James, elle-même fille de Jacques II et d’Arabella Churchill (cette dernière sœur du célèbre Marlborough), lord Waldegrave, malgré ses origines et ses attaches en partie jacobites, se rallia pour faire fortune et carrière à George II d’Angleterre.

Tout comme lord Derwentwater et lord Richmond, lord Waldegrave était donc du sang des Stuarts. Comme eux aussi, il appartint à l’Ordre maçonnique de bonne heure, puisqu’il est porté sur les tableaux de la loge Horn de Westminster en 1723. Il assista le 12 mai 1730, à la tenue de la loge Horn, au cours de laquelle le président de Montesquieu, dont il était depuis longtemps l’ami, fut reçu dans la Fraternité et c’est aussi sans surprise que le journal The Whirehall Evening Post nous apprend, dans ses numéros des 5-7 et 18-20 septembre 1734, qu’il était présent à une tenue qui eut lieu chez la duchesse de Portsmouth (Louise de Kéroualle), mère du duc de Richmond, ainsi qu’à celle présidée par le même duc et le pasteur Désaguliers à l’hôtel de Bussi.

Waldegrave a certainement joué un rôle non encore bien éclairci dans l’histoire de la Maçonnerie française. Dans une lettre au marquis de Caumont du 1er avril 1737, Ramsay accuse les ambassadeurs de Hollande et de George, duc de Hanovre, d’être intervenus contre les « … freemaçons catholiques, royalistes et jacobites » en déclarant qu’ils voulaient former une neuvième croisade ‘‘pour rétablir le vray monarque de la Grande-Bretagne…’’. Au lendemain de la sentence du 14 septembre 1737, un nouvelliste fait mention de Waldegrave : « On a proposé à l’ambassadeur d’Angleterre qui est frey Maçon lui-même de donner chez lui un lieu pour leur assemblée, mais il a refusé… » (BHVP, ms. 617, f° 309). D’abord ambassadeur à Vienne, puis à Paris, Waldegrave mourut en 1741 après son retour de France. Commentant la nouvelle de son décès, le duc de Luynes écrit : « Il avait été élevé en France et avait été au collège des Jésuites ; il avait depuis changé de religion. Lorsqu’il tomba malade à Paris, dans la paroisse Saint-Sulpice, le curé alla le voir ; mais il ne put le déterminer à se convertir. On dit qu’il est mort avec de grands remords… » (Mémoires, t. III, avril 1741, p. 384). Si le duc de Wharton, d’anglican était devenu catholique, Waldegrave avait suivi le chemin inverse. Ces grands seigneurs anglais Maçons, ballotés d’une confession à l’autre, ont-ils trouvé dans la Fraternité maçonnique le lieu géométrique où ils pouvaient transcender les positions et oppositions politico-religieuses avec lesquelles ils étaient aux prises ? C’est possible, mais ce n’est pas certain.

Comme pour d’autres jacobites, nous avons recours à l’ouvrage d’André Kervella, qui porte un regard complémentaire sur l’implication du personnage dans le paysage maçonnique et politique de l’époque.

Outre qu’il soit justement cité comme maçon actif dans Paris en 1734, on sait qu’il est déjà enregistré dans la loge londonienne The Horn en 1723. Enregistré veut-il dire initié ? La question n’est pas gratuite, et l’on ne peut qu’être déçu de ne pas lui trouver une réponse satisfaisante au vu du tableau de cette loge. N’empêche que d’autres indications, disons profanes, sont assez troublantes. En 1690, meurt à Saint-Germain-en-Laye Henry Waldegrave, grand maître de la maison de Jacques II. Deux ans plus tôt, il a assuré le transfert d’importantes sommes d’argent, pour le compte de son roi, de Londres vers Paris. C’est le père de James qui, né en 1684, devient donc un jeune orphelin. Celui-ci est d’abord placé en pension dans un collège de Jésuites, puis il passe la fin de son adolescence à Saint-Germain. Après les échecs essuyés par le parti en 1708, il décide de rallier la maison de Hanovre… Waldegrave ne peut ignorer quelle était l’ambiance autour de Jacques III. Il ne peut pas ignorer quelle a été l’évolution de la maçonnerie jacobite au cours des vingt dernières années. Et comment expliquer qu’il ne marque aucun empressement à rembourser Alexander, auquel Jacques III, envers et contre tout, maintient sa confiance jusque dans les années 1740 ? Waldegrave joue sur deux registres en même temps et attend le moment propice pour faire pencher la balance plutôt du côté des Hanovre… Il ruse.

 

Nous relevons par ailleurs dans un ouvrage sur l’histoire de la Franc-Maçonnerie les éléments suivants sur James Comte Waldegrave :

Diplomate anglais, né en 1684, mort en 1741 à Londres. Walpole, qui avait grande confiance en lui, l’envoya, de 1725 à 1740, en ambassade à Paris et à Vienne.  Lord Waldegrave figure en 1725 parmi les membres de l’ancienne Loge de Westminster. Son fils James, né le 14 mars 1715, mort le 8 avril 1763 à Londres, s’attacha de bonne heure à la Cour et devint un des favoris de George II.

 

 (Document déposé sur le site du Rite Ecossais Primitif en décembre 2013)

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