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Nos ancêtres, les Ecossois …

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Nos ancêtres, les Ecossois ….

(source : collectif – auteurs de manuels d’histoire)

S’il n’y avait pas eu les Celtes, il n’y aurait pas eu de pays appelé ‘’Ecosse’’ et personne ne se dirait Ecossais. Scotland signifie le pays des Scots, la terre des Celtes originaires d’Irlande.

A l’origine, ce pays, appelé plus tard par les Romains Calédonie, était peuplé de tribus primitives, mais une invasion marqua à jamais l’histoire de l’Ecosse, d’une empreinte sans précédent, celle des Celtes. Ces populations, qui depuis 2000 ans av. J.-C. utilisaient la pierre et travaillaient le bronze, puis découvrirent le fer vers 700 av. J.-C., débarquèrent dans les îles Britanniques aux environs de 600 av. J.-C. ; elles s’y implantèrent progressivement, imposant leur langue et leur culture et important leur art. Vers 350 av. J.-C., ce sont les Scots, appelés aussi Gaëls, qui viennent sans doute de Gaule et du nord de l’Espagne pour s’installer en Irlande. A cette époque, la Calédonie, future Ecosse est déjà celtique, habitée par les Pictes. On ne sait que très peu de choses de ces tribus, les premiers à en révéler l’existence ont été les Romains.

L’histoire de l’Ecosse, du moins dans les manuels, s’ouvre officiellement en 498 après J.-C., quand Fergus, Loarn et Angus, trois princes scots de Dalriada, province irlandaise, élargissent le royaume de leur père en s’appropriant l’Argyll, un territoire situé aujourd’hui dans l’ouest de l’Ecosse. En 563, saint Columba, prince des Gaëls, quitte l’Irlande à son tour avec pour mission d’évangéliser la Calédonie, encore païenne. C’est donc sous l’impulsion de moines gaëls que commence le grand mouvement de christianisation des îles Britanniques.

La monarchie s’organise difficilement, la couronne des Pictes se transmet par les femmes. Les Scots, en s’imposant face aux Pictes, établissent leurs règles de succession : la couronne doit désormais se transmettre par les hommes. Le premier couronnement connu dans l’histoire de l’Ecosse est celui du roi Scot sous le nom de Malcolm III Canmore à Scone. Ce couronnement sur une pierre mystérieuse, apportée d’Irlande, marque le début du recul de l’ordre celtique. Le roi épouse une princesse saxonne, Marguerite, dont le rôle est sans doute aussi déterminant pour l’Ecosse que le fut celui de Columba. L’anglais devient la langue de la Cour et le couple royal y attire des seigneurs anglais. Marguerite, connue aujourd’hui comme sainte Marguerite et dont la chapelle est toujours perchée près de la forteresse d’Edimbourg, décide de réformer une Eglise qu’elle trouve bien mal représentée et négligée depuis les incursions scandinaves. L’anglais devient donc naturellement la langue du clergé. La reine fonde de nouveaux monastères, parmi lesquels Dunfermline, abbaye bénédictine où les rois sont enterrés. L’Eglise celtique disparaît devant les ordres nouveaux qui s’établissent en Ecosse et ne manquent pas d’y importer les idées continentales. Le pouvoir religieux est toujours une force avec laquelle les rois devront compter et dont ils useront pour gouverner. Malcolm et ses fils qui lui succèdent, surtout David, le benjamin (1124-1153), restructurent la nouvelle Eglise et la société sur un modèle féodal inspiré des systèmes anglais et continentaux. Cette évolution ne se fait pas sans réticence de la part des Gaëls qui engagent une lutte pour faire valoir leurs droits et ils se heurtent violemment aux Normands que Malcolm et ses successeurs mettent à la direction de l’Eglise et de l’Etat. En retour, les nobles normands protègent les terres du roi et s’y installent. Certains repoussent les Gaëls qui s’insurgent contre leur présence. D’autres assimilent la culture celtique et prennent la tête de clans.

Après leur arrivée auprès du roi d’Ecosse, les Normands vont introduire dans le pays une architecture religieuse, dérivée de l’art roman continental. L’art religieux évolue ensuite vers le style gothique, caractérisé par l’ogive, l’arc-boutant et les grandes ouvertures à rosaces. Certains édifices furent commencés en style normand : des cathédrales associent donc les deux styles : Saint Andrews, Saint Magnus de Kirkwall aux Orcades, Dunblane près de Perth, ainsi que des monastères : Dunfermline, Kelso, Dryburgh, Jedburgh. Les cathédrales de Glasgow et d’Elgin sont entièrement gothiques (XIIIe et XIVe siècles). L’abbaye de Melrose aux formes plus élaborées date des XIVe et XVe siècles. La petite chapelle de Rosslyn près d’Edimbourg, fondée au XVe siècle, est unique de par ses remarquables sculptures sur pierre, particulièrement des chapiteaux.

Le roi, par Normands interposés, ne réussit que très partiellement à écraser la société celte ou à la soumettre à son organisation politique. Les Gaëls, aidés par les Irlandais, lui opposent un contre-pouvoir déterminant pour l’avenir du pays et repoussent les Normands d’Argyll et des îles. On parle gaélique, les arts celtes fleurissent et les vieilles traditions de Dalriada se perpétuent dans les abbayes, prieurés et couvents. Les soldats gaëls sont fort appréciés pour leur courage et leur expérience : ils constituent l’aide indispensable pour repousser l’avance des Anglo-Saxons en Irlande. Les joueurs de harpe et de cornemuse sont membres de la cour des Lords of the Isles, tout comme les poètes. L’Angleterre voudrait bien assurer sa souveraineté sur l’Ecosse. A la suite d’une querelle de succession, Edouard Ier, roi d’Angleterre, se propose alors d’unir les deux couronnes, anglaise et écossaise, en mariant son fils à la jeune reine d’Ecosse. Ce projet échoue avec le décès de la princesse et de nombreux prétendants manifestent leur intérêt pour ce trône vacant. S’attribuant la suzeraineté sur l’Ecosse, Edouard tranche lui-même en faveur de John Balliol, le prétendant qui lui semble le plus anglophile. Très vite, l’Ecosse étouffe sous le joug anglais car Edouard Ier considère désormais cette monarchie comme un fief dépendant de sa couronne, et il n’a de cesse que d’anéantir tout ce qui pourrait nuire à sa volonté de faire de l’Ecosse une terre anglaise. Balliol tente bien de résister, mais trop tard : il est fait prisonnier, emmené à la Tour de Londres.1

Après le bref sursaut national conduit par John Wallace, le gouvernement anglais se rétablit sans beaucoup de résistance. Edouard décide alors de porter un coup fatal à la monarchie écossaise : il fait transporter en Angleterre la fameuse pierre de Scone. Un couronnement sans cette pierre symbolique, c’est une cérémonie sans mystique, un roi sans pouvoir… Mais l’Ecosse humiliée, écorchée, se ravise. Elle ne se cherche plus un monarque ; elle a besoin d’un homme fort, capable de fédérer tous les nationalistes pour bouter l’Anglais hors de chez elle ; un homme de sang royal, toutefois, pour s’imposer aux nobles. Sans ‘‘pierre’’, ni couronne, car elle a été volée, Robert Bruce se proclame roi à Scone. La royauté écossaise est restaurée. Bruce entreprend la chasse aux Anglais, qui se solde par une victoire décisive à Bannockburn (1314). Bruce réussit ensuite à obtenir de l’Angleterre qu’elle signe un traité reconnaissant l’indépendance de l’Ecosse (1328). Jusqu’à sa mort en 1329, il s’emploie à reconstruire son pays ; il met en place le premier Parlement écossais. L’Ecosse salue toujours en lui le génie national : c’est aujourd’hui un de ses héros préférés. Après Bruce, le sort de la royauté semble incertain : les rois qui lui succèdent n’ont souvent pas assez d’envergure pour inventer les remèdes à tous les maux qui vont ravager le pays : la peste qui décime des populations entières, la corruption de l’Eglise qui précipite la Réforme et les guerres de Religion. 2A David II (1329-1371) fils de Bruce, succède son neveu Robert II (1371-1390) qui est le premier Stuart (Stewart), un titre donné à celui qui régit la maison royale.Cette importante fonction dans l’Etat, créée sous David Ier (1124-1153) se transmet héréditairement. Le premier Stewart à monter sur le trône fait de son titre un nom de famille, qui sera celui d’une longue lignée de rois et de reines. De Jacques 1er à Jacques VI, l’Ecosse s’affine, s’organise : le Parlement écossais gagne en efficacité. Les premières universités apparaissent : Saint Andrews (1412), Glasgow (1451), Aberdeen. Jacques IV surveille son voisin. Il choisit un jeu d’alliances en épousant Marguerite Tudor, la fille du roi d’Angleterre Henry VII et la sœur du futur roi Henri VIII. C’est une façon d’éloigner le danger, mais c’est aussi un fait capital pour comprendre la suite des événements : grâce à ce mariage, se fera sur une même tête, l’union des couronnes d’Ecosse et d’Angleterre, un siècle plus tard.

3Jacques IV (1488-1513) poursuit la logique et la politique écossaise en restant fidèle à l’alliance avec la France, et, pour soutenir cette alliée en guerre contre Henri VIII, il entre en campagne contre l’Angleterre. C’est le désastre de Flodden (1513). L’Ecosse est vaincue, son roi tué. Le pays battu ne retrouvera plus jamais sa totale indépendance par rapport à l’Angleterre. Jacques V épouse en premières noces4 Madeleine de France, la fille de François 1er, puis il choisit, à la mort de celle-ci, une autre princesse française, Marie de Guise. Il meurt, après avoir tenté contre les Anglais une ultime opération qui se solde par un échec à Solway Moss. Marie de Guise devient régente, catholique convaincue, elle se heurte aux problèmes religieux qui couvent depuis plusieurs décennies. L’évolution religieuse du pays a bien entendu des répercussions sur les développements de son architecture qui voit le gothique se développer. Puis la Réforme réduit l’art religieux à ses formes les plus sobres. John Knox est l’homme de la Réforme écossaise, comprise comme une réaction contre les abus de l’Eglise catholique établie, mais aussi contre la royauté qui s’était appuyée sur elle pour gouverner. En 1557, à son instigation, le premier Covenant se réunit, décidé à installer une Eglise réformée et à faire tomber la monarchie catholique. A la mort de Marie de Guise en 1560, le Parlement met en place une Eglise réformée d’Ecosse dite presbytérienne. C’est dans ce climat que Marie Stuart, la catholique, entre en scène. Reine d’Ecosse et de France, elle est aussi l’héritière de la couronne d’Angleterre, si Elizabeth meurt sans descendance. Son fils, Jacques VI, lui succède. Là où ni la force ni la ruse ne sont venues à bout du souci constant des Ecossais de maintenir leur pays indépendant, la loi du sang impose un état de fait irrévocable : l’union des couronnes d’Ecosse et d’Angleterre à la5 mort d’Elizabeth (1603) se fait sur la tête de Jacques VI d’Ecosse qui devient Jacques Ier d’Angleterre. Au XVIIe siècle, il règne en Ecosse un climat de guerre civile ou plutôt religieuse, où les idées s’affrontent. D’Angleterre, souffle le vent épiscopalien de l’Eglise anglicane constituée sous Henri VIII et les catholiques constituent une minorité avec laquelle il faut compter. Jacques VI, élevé selon des principes presbytériens, mais prêt à rallier l’Eglise anglicane tout en manifestant de la compréhension pour les catholiques, maintient les Réformateurs en respect.

6Son fils, Charles Ier, qui lui succède, décide en revanche, d’imposer la liturgie anglicane. Bientôt la rébellion gagne tout le pays ; un important National Covenant (1638) cherche alors à rétablir l’ordre presbytérien repris en 1643 et ses décisions ratifiées par le Parlement anglais. Les covenantaires, signataires des conclusions des covenants, deviennent une force morale et politique avec une véritable armée qui prend le parti du Parlement anglais cédant à leurs exigences religieuses contre Charles Ier. Les troupes royalistes sont battues à Naseby par les hommes de Cromwell. Charles Ier se trouve alors un soutien auprès des Highlanders jusqu’alors catholiques, mais atteints par l’Eglise épiscopale, ils rejettent le presbytérianisme et leurs représentants. Charles Ier est exécuté et Cromwell met vite fin au rêve de l’Ecosse de se redonner un roi.

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A la mort de Cromwell, Charles II rétablit l’épiscopalisme, frappe durement les presbytériens. Après lui, son frère, 8Jacques VII veut rétablir le catholicisme comme religion d’Etat. Sa foi lui coûte le trône et sa chute sonne le glas de la dynastie des Stuarts. Avec Guillaume d’Orange, qui épouse Marie, la fille de Jacques VII, s’achève la crise religieuse : l’Eglise écossaise est reconnue, indépendante et distincte de celle d’Angleterre.

La victoire du presbytérianisme des Lowlanders ne touche pas les Highlanders, marginalisés, acculés à s’intégrer ou à disparaître. Jacques VI a porté un coup fatal à la langue gaélique, quand il a imposé l’anglais à l’école par son Acte d’éducation (1616). Affaiblie par des querelles de clans, l’Ecosse doit supporter la dépendance économique de l’Angleterre à laquelle elle est assujettie, ce que confirme l’Acte d’Union de 1707, qui abolit le Parlement écossais. Cette union des Parlements est un mariage de raison, mais elle sonne le glas d’une nation. Les grandes décisions politiques se prennent désormais en Angleterre au Parlement de Westminster. Après l’union des deux Parlements, le pays est à l’abri des guerres et connaît une certaine prospérité.

Les intérêts personnels des uns, le mécontentement des autres, la vague d’hostilité accompagnant l’accession au trône d’un Hanovre, les difficultés économiques sont des facteurs de troubles.

Dans ce climat, les jacobites favorables au retour d’un roi Stuart, prénommé Jacques (d’où leur nom), connaissent des sympathisants dans toute la Grande-Bretagne et ils vont tenter de gagner à leur cause les opposants au régime d’alors. Un premier soulèvement jacobite échoue en 1715 et le prétendant Jacques-Edouard n’a plus qu’à retourner en France. En 1745, son fils, le prince Charles-Edouard, rallie à son tour tous les espoirs des jacobites : le prince est jeune, charmant, les catholiques le soutiennent, les Highlanders se rangent à ses côtés. 9Avec son armée de fidèles, il descend jusqu’à Edimbourg et réussit à s’installer au château de Holyrood ; il proclame son père seul souverain légitime. Il décide d’envahir l’Angleterre, mais les appuis anglais jacobites lui font défaut ; l’aide française escomptée n’arrive pas. Londres réagit : le fils de George II, le duc de Cumberland, prend la tête d’une armée qui met en déroute l’armée jacobite à Culloden. Le prince se réfugie dans les Highlands puis il est contraint à l’exil, sous le nom de Jacques VIII d’Ecosse (proclamé Jacques III d’Angleterre et d’Irlande).

La loyauté des Highlanders à la cause jacobite est durement réprimée. Le duc de Cumberland (‘‘le Boucher’’), à la tête de son armée, de ‘‘soldats rouges’’, s’avise d’intégrer politiquement les Highlands dans la Grande-Bretagne par la force et la contrainte. Tout ce qui singularise les Highlanders est interdit : tartan, plaids et kilts, même un air de cornemuse ! Les armes sont prohibées. Tout est bon pour abolir la plus petite distinction entre Ecossais des Highlands et des Lowlands. Evolution en sens unique qui fait craindre aux Gaëls la fin de leur monde. Les Highlanders connaissent sans doute après Culloden leurs heures les plus sombres. Il en résulte une conséquence tragique : les territoires se vident, les hommes partent guerroyer au Canada et n’en reviennent pas, ils émigrent vers des terres plus accueillantes, mais surtout les propriétaires, indifférents à l’esprit celte qui souffre sur ses terres depuis des siècles, expulsent des familles entières. Il faudra attendre les années 1880 pour qu’une série de décrets mette fin à ces pratiques d’expulsion et qu’ainsi le petit fermier des Highlands retrouve son droit au travail.

Mais l’Ecosse est le pays de ‘‘l’or blond’’ (le véritable whisky de malt) et celui de la Franc-Maçonnerie ……

Ce bref aperçu historique est l’introduction au volet « Boulevard des Jacobites » du site du Rite Ecossais Primitif ayant pour objet une présentation des partisans des Stuarts, porteurs de la Franc-Maçonnerie d’autrefois.

Le comité de rédaction du Suprême Conseil d’Orient et d’Occident, décembre 2013

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