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Introduction FM écossaise

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   Kiosque littéraire Rite Ecossais Primitif   

Livres
 Ouvrage La Franc-Maçonnerie écossaise
 Auteur Antonio Coen et Michel Dumesnil de Gramont
 Edition

…..LACOUR-Editeur, collection Rediviva – 1999

…..Internet éditeur : Lacour@Compuserve.com..

introfm1En Angleterre, pays où les traditions se conservent principalement, il semble qu’il subsistait encore quelques loges maçonniques au début du XVIIIe siècle. D’ailleurs, nous sommes obligés de constater un fait considéré jusqu’ici comme indiscutable. Quatre loges de Londres, en 1717, secouent leur léthargie pour former une fédération qui prendra bientôt le titre de Grande Loge d’Angleterre. Le problème qui reste à résoudre est celui-ci : ces loges étaient-elles composées de gens de métier ? Maints historiens l’affirment parce que cela leur permet de délimiter nettement l’époque où la maçonnerie dite spéculative se substitue à la maçonnerie opérative. En vérité, il est fort difficile de fixer le moment où cette transformation s’opéra. Elle dut se fixer insensiblement dans toutes les loges. Selon nous, la création de la Grande Loge d’Angleterre ne fit qu’entériner une situation de fait déjà ancienne. Ce qui est vraiment nouveau c’est l’installation d’un pouvoir central – d’une obédience – duquel ressortaient tous les ateliers. Cette fois, ce n’était plus seulement pour des questions professionnelles qu’intervenait la loge-mère ou Grande Loge ; elle régentait des filiales, leur imposant un modus vivendi unique, des statuts et un symbolisme méthodique. Les outils du métier –ciseau, équerre, compas, etc.– choisis comme emblème par la Franc-Maçonnerie idéologique, s’adaptaient parfaitement à son rêve d’édification d’une ‘‘Société humaine’’. Nous précisons d’une ‘‘société humaine’’, parce que c’est là le seul but que poursuivit la Franc-Maçonnerie dès sa naissance.

L’Angleterre était lasse des guerres religieuses qui depuis trois siècles avaient ensanglanté son histoire. Un besoin d’apaisement se faisait sentir dans toutes les classes sociales, et l’utopie de Thomas More sur la Tolérance cessait de paraître un paradoxe pour devenir une vertu vivante. […] La Franc-Maçonnerie anglaise avait établi pour le monde entier les tables de la loi maçonnique.

 

Introduction de la Franc-Maçonnerie en France (page 14)

… Elle trouve en France un terrain favorable. Louis XIV vient de mourir, et au sortir de son règne despotique, la Cour et la Ville éprouvent le besoin de réagir contre l’atmosphère […] on savait que l’Angleterre, depuis la révolution de 1649 qui avait décapité Charles Ier, avait une constitution libérale…  Les Anglais cependant – et de distinction – venaient volontiers sur le continent. Un jour, certains d’entre eux y importèrent une organisation qui avait rencontré en Grande-Bretagne le succès le plus vif. Cette organisation était la Franc-Maçonnerie. Des gentilshommes s’y agrègent, des abbés, des grands bourgeois, des écrivains. La première loge officielle, d’après le Tableau de la Grande Loge d’Angleterre, se crée en 1736 rue des Boucheries à Paris. D’autres suivront bientôt. Nous précisons ‘‘officielle’’ parce que nous avons tout lieu de croire qu’il en exista antérieurement, et ce, pour une raison qui sera exposée plus loin. Nous le répétons : l’heure était propice à l’acclimatement de la Franc-Maçonnerie, et en France comme en Angleterre, celle-ci prend un développement assez rapide, par l’attrait de la nouveauté et du mystère. Le cardinal de Fleury, qui était alors premier ministre, s’émeut. Une société secrète est forcément mal vue d’un gouvernement qui ne tient pas à être inquiété dans l’exercice de son pouvoir. […]

 

La Franc-Maçonnerie écossaise (page 18)

Avant d’aller plus loin, il nous faut parler d’une autre maçonnerie dont les origines sont encore plus obscures que celles de la maçonnerie de source anglaise. La preuve en est qu’aucun historien n’a encore pu nous dire d’où lui est venue sa dénomination d’Ecossaise. Certains – ce qui demeure extrêmement discutable – prétendent que cette maçonnerie se forma ou s’implanta en France lorsque Charles II d’Angleterre, et plus tard son frère Jacques II, se réfugièrent à Saint-Germain-en-Laye, après la perte de leur trône, ravi à ce dernier par l’usurpation de Guillaume d’Orange. Leur suite était composée de gentilshommes irlandais et écossais demeurés fidèles à leur cause. Ceux-ci avaient associé leurs rancunes, leurs espoirs et leurs ambitions dans des réunions secrètes où se pratiquaient déjà des rites maçonniques. Seulement leurs titres, plutôt empruntés aux ordres de chevalerie qu’aux associations de métier, sortaient du cadre strict que devait imposer la Constitution d’Anderson en n’admettant que trois grades : apprenti, compagnon et maître. Quand la cause stuartiste se trouva définitivement perdue après la défaite de Charles-Edouard à Culloden, cette maçonnerie semble se raviver tout à coup. Les manuels du temps parlent avec un certain étonnement et une acrimonie mal dissimulée de ces frères ‘‘écossais’’ qui prétendent dans leurs loges avoir droit à des honneurs particuliers. On accepta leur présence, mais ces honneurs, on les leur refusa. Toutefois, il semble bien que s’il y eut jamais en France des Loges Ecossaises nettement stuartistes, elles n’ont pu mener qu’une politique ‘‘papiste’’ et l’on comprend mal, dès lors, que Clément XII ne les ait pas, en 1737, exclues de sa véhémente condamnation. Ici, donnons un détail qui aurait pu trouver sa place plus haut. Un fait qui ferait croire à l’antériorité de la maçonnerie écossaise en France est la nomination, attestée par les documents, du comte de Derwentwater à la Grande Maîtrise de l’Ordre. Or, la Grande Loge d’Angleterre n’aurait jamais accepté comme missionnaire un ennemi du régime, connu pour sa fidélité aux Stuarts, fidélité qui lui valut d’ailleurs d’être condamné à mort pour complot, et exécuté lorsqu’il commit l’imprudence de retourner dans son pays.

Lorsque des loges d’origine anglaise ne veulent pas reconnaître les hauts grades écossais, le mieux est de se passer de leur approbation. C’est alors que naquirent ces obédiences si nombreuses, aux appellations orgueilleuses où les frères écossais, qui semblaient surtout épris des pratiques mystiques, se pavoisaient de ces titres multiples (qui différaient souvent avec les obédiences), que l’on peut déchiffraient encore sur les anciens diplômes. Note intéressante : les deux camps ne s’excommunient pas. Ils n’y songent même pas. Ils ne mettent pas en doute leur réciproque qualité maçonnique, malgré la différence de leur statut et de leur ritualisme. Cette différence n’équivaut pas à une divergence. Il y a bien des rivalités entre eux, mais qui ne mettent pas en cause la régularité de leur état et de leurs droits. Comment en serait-il autrement ? Au point de vue moral, ces frères suivent partout la coutume de s’entraider, de faire de bons repas, d’aider ou de créer des œuvres de bienfaisance, sans se soucier de la politique et en respectant la Religion (ceci sans conteste possible). Voici pour l’esprit. Quant à la lettre, autrement dit pour l’obéissance rigoureuse aux lois fixées par le Livre des Constitutions, elle était partout observée. La Franc-Maçonnerie s’étayait sur les trois premiers grades : apprenti, compagnon, maître, par lesquels passaient tous les initiés. Si des maçons, ambitieux ou désireux de se réunir dans des cellules plus fermées, désiraient des grades plus ronflants, c’était leur affaire. La Grande Loge de France ainsi que la Grande Loge d’Angleterre n’agréaient pas ces grades, du moins officiellement, mais elles ne prenaient pas souci de les interdire à leurs membres. Chaque obédience écossaise mettait certainement la hiérarchie et ses ‘‘degrés’’ au-dessus de celle de sa voisine, mais sans mésestime pour celle-ci. Cet état de choses avait ramené dans l’Ordre une telle confusion que l’historien Ragon a estimé à plusieurs centaines le nombre des grades maçonniques existant au XVIIIe siècle – grades répartis entre les différentes puissances. L’une d’elles, qui s’intitulait Les Empereurs d’Orient et d’Occident, en comptait vingt-cinq. Nous avons parlé plus haut de l’état assez calamiteux dans lequel se trouvaient les loges (premier au troisième degré) vers 1760 ; cette dispersion de l’Ecossisme n’était pas faite pour rétablir le prestige de la Franc-Maçonnerie. […]

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