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FM et Eglise catholique

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Les dossiers de l’histoire mystérieuse N° 7

La Franc-Maçonnerie – 2ème partie

 Edition

F. Carbonnel Editeur-Imprimeur SA, Paris 10e

Dr de Publication : Gérard Bourgue

 Extraits …..La Franc-Maçonnerie et l’Eglise catholique (page 125)

fmeteglise1La date de parution de cette revue, les Auteurs et/ou les rédacteurs des différents chapitres ne sont pas précisés.

Les relations entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique ont été, pendant deux siècles, complexes et souvent orageuses. Si elles paraissent aujourd’hui normalisées, depuis le Concile Vatican II, des propos ambigus surviennent encore cependant de-ci de-là qui montrent que le problème n’est peut-être pas entièrement réglé. Tant que la franc-maçonnerie est restée britannique, elle n’a apparemment posé aucun problème à l’Eglise catholique. Son exportation sur le continent à partir de 1725, notamment en France puis en Italie, allait entraîner des réactions pontificales. Au début du XVIIIe siècle, les francs-maçons britanniques, anciens ou modernes, sont soit de religion anglicane, c’est-à-dire en rupture avec le Vatican, soit de religion catholique pour un certain nombre d’Ecossais partisans des prétendants Stuarts, descendants du roi catholique Jacques II renversé en 1688 et remplacé par le prince protestant Guillaume d’Orange qui régna sous le nom de Guillaume III. Les liens entre certains membres de la famille Stuart et la franc-maçonnerie ont été établis. Il est également très probable qu’au moins une loge maçonnique existait en France avant 1717, sans doute à Saint-Germain-en-Laye, et qu’elle rassemblait des militaires écossais venus accompagner Jacques II puis ses successeurs en exil. La franc-maçonnerie moderne, dite spéculative, qui se constitue à Londres en 1717 est ouverte à tous les croyants, anglicans comme catholiques. Il semble que ce mélange n’ait pas été du goût du Prétendant Stuart de l’époque, d’autant que réfugié à Rome dans les années 1730 il aurait appris avec un vif déplaisir l’existence d’une loge où les anglicans étaient admis, parmi lesquels un personnage indélicat. Il n’est pas impossible qu’il ait alors fait pression sur le pape de l’époque Clément XII pour inciter ce dernier à condamner la Franc-Maçonnerie à laquelle il interdit par ailleurs à son fils de faire partie. Les Stuarts, qui utilisaient en effet l’ancienne maçonnerie écossaise pour la réalisation de leurs desseins politiques de reconquête du trône d’Angleterre, ne pouvaient pas voir d’un bon œil un mélange des personnes et des genres qui, par la conciliation qu’elle opérait, ne pouvait qu’affaiblir leur position et réduire leurs prétentions. Celles-ci disparaîtront d’ailleurs après la bataille de Culloden en 1746 qui verra la défaite militaire sans appel du prétendant Stuart. Le pape de son côté, au soir de sa vie, ne pouvait également qu’être sensible à un discours lui exposant le danger de laisser se développer la fréquentation dans les loges entre déistes, protestants et catholiques, laquelle ne pourrait qu’éloigner les catholiques de la vraie religion, c’est-à-dire la religion catholique romaine. De surcroît, l’existence du secret maçonnique fut présentée comme incompatible avec les exigences de la confession. Le fait est pour le moins curieux car le secret pratiqué pendant des siècles par certaines confréries professionnelles ou métiers n’était jamais apparu comme un obstacle insurmontable à la confession pratiquée par l’Eglise catholique. Quoiqu’il en soit, Clément XII fulmina le 24 avril 1738 la bulle In Eminenti qui frappait d’excommunication les francs-maçons. A l’exception du secret maçonnique, les motifs les plus sérieux de cette décision n’apparaissent pas. La plupart des historiens contemporains, y compris le franc-maçon catholique Alec Mellor, y voient la marque des pressions politiques du Prétendant Stuart. Il faut néanmoins dire qu’à l’époque une décision pontificale n’avait pas du tout le même effet qu’aujourd’hui. Elle était naturellement inopérante en Grande-Bretagne à l’égard des anglicans et n’avait non plus aucun effet sur les anciennes loges écossaises qui n’étaient pas visées. En France également, la bulle du pape demeura totalement inappliquée. La franc-maçonnerie s’était développée dans l’entourage des Stuarts, le chevalier Ramsay qui fut le précepteur des enfants du Prétendant ayant joué un grand rôle dans sa propagation en France. L’un des premiers grands maîtres en France fut d’ailleurs l’aristocrate lord Derwentwater, compagnon du Prétendant Stuart, fait prisonnier après l’échec de Culloden et décapité à Londres en décembre 1746 après avoir courageusement et obstinément refusé de renier sa foi catholique. L’accusation du danger vis-à-vis du catholicisme semblait dans ces conditions peu crédible. De surcroît, il ne faut pas oublier que le Catholicisme dans la France d’avant la Révolution, était caractérisé par le gallicanisme. Le roi Très-Chrétien, pleinement souverain dans son royaume et ne tenant ses pouvoirs que de Dieu (et non du pape !) était juge de l’opportunité des règles applicables à ses sujets. C’est pourquoi les actes pontificaux restaient nuls et non avenus en France tant qu’ils n’étaient pas enregistrés par le Parlement de Paris. Ce dernier n’ayant jamais était saisi d’une demande d’enregistrement de la Bulle pontificale par le Pouvoir royal, les francs-maçons du XVIIIe siècle échappèrent totalement à l’excommunication pontificale de 1738 puisque celle-ci n’avait pas d’existence juridique en France. On explique ainsi la présence de prêtres et d’évêques dans les loges avant la Révolution. La signature du Concordat entre le pape et Napoléon allait paradoxalement rendre la condamnation pontificale applicable en France. Toutefois, il n’en fut rien sous l’Empire. La tradition gallicane était encore récente et trop forte et, surtout, la Franc-Maçonnerie était sous l’Empire une institution officielle de premier ordre, trop importante et trop utile au Régime pour être combattue par l’Eglise catholique qui, elle-même fut ‘‘à la botte’’. N’oublions pas que Napoléon n’hésita pas à enlever et déporter le pape quand celui-ci voulut faire preuve d’indépendance à son égard et que les évêques français, sous le Premier Empire, furent surnommés les ‘‘préfets violets’’ en raison du zèle qu’ils apportèrent à ‘‘l’encensement’’ du Souverain et de son Régime. Le retour des Bourbons rendit moins commode la situation de la franc-maçonnerie à l’égard de l’Eglise catholique, les liens entre le Vatican et les Royalistes français ayant été préalablement purgés des séquelles du gallicanisme. Si Louis XVIII, qui avait gardé de son appartenance maçonnique d’avant la révolution une réelle sympathie pour la franc-maçonnerie, la protégea du mieux qu’il put, il n’en fut pas de même à partir de Charles X, lequel avait au contraire renié son passé maçonnique. […]

La pression des milieux catholiques ‘‘ultramontains’’, inspirés par la Curie Romaine et intégristes avant l’heure, devait peu à peu, à partir de Charles X éloigner les catholiques des loges où ils furent progressivement remplacés par des éléments libres penseurs, voire pour certains athées et anticléricaux. Sous le Second Empire, les relations entre les francs-maçons et le Pouvoir furent tendues, Napoléon III voulant asservir et domestiquer la F\M\ comme l’avait fait son oncle un demi-siècle plus tôt. […] Le Vatican prit à nouveau nettement position contre la F\M\ Le pape Pie IX la condamna à nouveau solennellement par le Syllabus et l’Encyclique Quanta Cura. Les catholiques liés au pape multiplièrent les libelles antimaçonniques, la F\M\ étant même qualifiée ‘‘d’infecte sentine de tous les crimes et de tous les vices’’, les francs-maçons par voie de réaction, devenant de plus en plus anticléricaux. L’hostilité réciproque entre la F\M\ et l’Eglise catholique atteint son paroxysme sous la Troisième République. Le pamphlet sectaire et tendancieux de l’abbé Barruel fut tenu pour le véritable bréviaire de tout anti franc-maçon. […] C’est le Concile Vatican II, réuni à partir de 1962, qui permit d’établir de meilleurs rapports entre la F\M\ et l’Eglise catholique… Il en résulte aujourd’hui que seuls les francs-maçons qui luttent contre l’Eglise catholique sont passibles d’excommunication. Les francs-maçons athées ne sont pas distingués des autres athées. Quant aux francs-maçons déistes ou se réclamant d’une religion déterminée, ils ne sont plus condamnables dès lors qu’ils ne s’attaquent pas à l’Eglise Catholique et a fortiori des francs-maçons catholiques qui ne sauraient lutter contre l’Eglise à laquelle ils appartiennent.  […]

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