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Liens R+C avec les sociétés secrètes

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Kiosque littéraire Rite Ecossais Primitif

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 Revue

..Les dossiers des Grands Mystères de l’Histoire n° 18

janvier 2008..

 Edition

Les premiers Maçons

Les Rose-Croix et leurs initiations

 Extraits  …..Les liens des R+C avec les autres Sociétés secrètes (page 21)….

liensrc1Auteur : inconnu. Non précisé dans la revue ci-contre.

Les liens des R+C avec les autres Sociétés secrètes

[…] Lorsqu’on envisagea de réviser ou de reconstituer différents rituels et qu’on formula de nouveaux grades, c’est de l’esprit philosophique de la Fraternité Rose+Croix que les Francs-maçons s’inspirèrent. C’est au moment de la fusion de ces idées et grâce aux réunions et aux cercles animés par de brillants savants que les deux institutions prirent vraiment leur essor et furent réellement reconnues. Nous le relatons déjà dans l’article traitant des Francs-Maçons anglais où nous signalons que ceux-ci au cours du XVIIe siècle prirent une série d’initiatives pour réformer leur société. Ils étaient bien loin d’imaginer les vagues successives qu’ils allaient engendrer dans les différents milieux politiques et religieux d’Europe. Très peu se doutaient à l’époque qu’ils étaient infiltrés depuis longtemps par des éléments et les pensées des Rose-Croix et qu’un jour toutes ces rencontres préalables aboutiraient à lancer un nouveau projet universel sur le plan maçonnique. Très tôt au sein des ateliers, les Rose+Croix bénéficièrent des privilèges et des protections des Francs-Maçons. L’un d’entre eux, Elias Ashmole (1617-1692) connut une vive popularité. Ancien capitaine d’artillerie, et surtout partisan des Stuarts, qui représentaient le courant catholique opposé aux protestants, Ahsmole dut fuir les soldats de Cromwell. Il vécut durant un certain temps caché dans la région d’Oxford et profita de l’occasion pour étudier tous les arcanes de l’alchimie. En 1644, il rejoignit un atelier à Warrington pour devenir ‘‘Maçon accepté’’ et se fit recevoir dans le même temps à la ‘‘Rosae Crucis’’ par le Rose+Croix W. Bakhouse. A partir de cette période, Elias Ashmole se lia avec un grand nombre de savants, de théologiens et de philosophes et entretint avec eux de longs rapports d’amitié. Tous avant lui avaient cherché refuge auprès des Francs-maçons. Ce fut l’époque des échanges entre les différents collèges d’Oxford où l’on continua à évoquer le ‘‘Collège invisible’’ constitué au début du XVIIe siècle par d’éminents théosophes rosicruciens et reconnus par Charles II. Ils furent pour la plupart, plus tard, à la base de la création de la prestigieuse ‘‘Royal Society’’. On retrouve dans la Royal Society par exemple J.T. Desaguliers, l’un des principaux organisateurs de la F\M\ spéculative. […]

L’initiative des différents mouvements francs-maçons autour des collèges d’Oxford aurait pu rester une particularité mais un signe ne trompe pas. En effet, dès la restauration du pouvoir des Stuarts en 1660, Elias Ashmole sortit de l’ombre et reçut les honneurs des Stuarts pour avoir œuvré pour la bonne cause. Sa célébrité et sa notoriété furent si grandes que tous les Francs-maçons anglais acceptèrent ses suggestions ainsi que l’ensemble des réformes qu’il proposait. Celles-ci touchaient directement les rites d’initiation pour les compagnons et glissaient des notions alchimiques dans les rituels. Elles approfondissaient les recherches spirituelles des travaux et des planches présentés par les Maîtres. Elias Ashmole favorisa l’emploi des symboles dans le langage maçonnique que beaucoup de frères non préparés jugèrent même excessifs. A cela, on peut ajouter la création, en avance sur son temps, des grades inspirés des anciens Ordres de Chevalerie Ecossaise et surtout la poursuite d’un idéal fraternel consacrant une vaste chaîne d’union entre tous les frères initiés quelle que soit leur opinion religieuse. Le but officiel et déclaré de la noble institution commençait à être discouru et prêché un peu partout. Les bases d’une nouvelle réforme de la société pointaient à l’horizon. […]

En 1754, la Maçonnerie française vit naître un nouveau degré, celui de Rose+Croix, peut-être en souvenir de certains de ses fondateurs tel que Elias Ashmole. Il subsiste toujours dans les hauts grades du REAA où il occupe le dix-huitième rang. […]

Les maîtres des Loges particulières s’assemblèrent à Ratisbonne où ils dressèrent (25.04.1459) l’acte de confraternité établissant le chef de la cathédrale de Strasbourg comme grand maitre unique et perpétuel de la confrérie générale des maçons libres de l’Allemagne. C’est déjà à cette époque que les membres des corporations se résolurent à fonder un corps à part dans la masse des ouvriers et qu’ils imaginèrent entre eux des mots de ralliement, des attouchements pour se reconnaître, et des signes pour se distinguer. Ils nommaient ces derniers ‘‘signe des mots’’ (das Wortzeichen) ou encore ‘‘le salut’’ (der Gruss). Les apprentis, compagnons et maîtres étaient reçus avec des cérémonies particulières et sous le sceau du secret. Le même phénomène se déroula en Ecosse puis en Angleterre avec cette particularité que ces deux pays subirent de nombreux conflits d’intérêts politiques. Plusieurs historiens oublient que vers 1750 avec les séquelles des conflits ayant opposé ces deux pays et les querelles de pouvoir portant sur la légitimité des deux dynasties, celles des Stuarts et des Hanovres, les deux pays divergeaient par deux conceptions et deux courants maçonniques forts différents. Il y eut aussi le passage de la Réforme de Luther. Cette Réforme une fois accomplie, on constata un confinement des Loges qui se dispersèrent ou tombèrent parfois dans une profonde léthargie. Seuls les maçons opératifs écossais restèrent sur la brèche. Ceci s’explique parce que la Maçonnerie Outre-Manche avait toujours eu beaucoup plus de vigueur que dans les autres pays ; ensuite elle se trouvait dans une situation exceptionnelle : placée sous la protection de souverains qui ne reconnaissaient pas la suprématie ultramontaine, elle avait pu se développer librement et même prendre part à la politique du pays sans craindre les persécutions de l’Eglise établie. En 1561, la reine Elizabeth, véritable tyran dont la mémoire est chargée du meurtre juridique de l’infortunée Marie Stuart, eut quelques velléités à s’opposer aux réunions des loges. Le 27 décembre, elle envoya un détachement d’hommes armés pour dissoudre l’assemblée annuelle des maçons réunis à York. Mais les officiers qui commandaient le détachement, probablement maçons eux-mêmes, lui firent un rapport si favorable sur ce qu’ils avaient vu et entendu, qu’elle devint, par la suite, la protectrice de l’institution. Sous les Stuarts (1605-1688) l’influence de la maçonnerie prit encore de l’importance. Jacques Ier, qui l’entourait d’une haute considération, détermina beaucoup d’hommes distingués à se faire initier à ses mystères, sous le titre de maçon accepté. Malgré ses intentions bienveillantes pour la maçonnerie, le roi Jacques Ier ne parvint pas à se faire un grand nombre d’amis dévoués dans les loges anglaises. La désaffection envers les Stuarts commençait d’ailleurs à gagner toutes les couches de la société, et ce sentiment avait pris naissance sous le règne du dernier roi. On sait que Charles II, au mépris des promesses les plus solennelles, affectait de braver ouvertement toutes les sympathies religieuses et politiques de ses sujets. Le conflit dégénéra assez vite et le roi Jacques II provoqua une réaction terrible et s’aliéna l’esprit des Anglais. Les loges, composées en grande partie de maçons acceptés, hommes indépendants et instruits, se divisèrent en deux camps. L’Ecosse catholique du côté du roi, l’Angleterre protestante appela à le remplacer par son gendre, Guillaume III. Le 18 décembre 1688, Jacques II quittait sa capitale pour n’y plus revenir, escorté des jésuites qui avaient préparé sa ruine en le poussant à s’insurger contre les croyances et les aspirations de son peuple. Il est facile de comprendre qu’au milieu de ces agitations civiles, la maçonnerie ne pouvait faire de grands progrès. Les maçons libres s’étaient dispersés aussitôt après la reconstruction de Londres, et les autres, scindés en deux clans, voyaient diminuer leurs adeptes. Retenons seulement que quatorze ans après la décision adoptée par la loge de Saint-Paul, les quatre loges principales qui restaient à Londres prirent la résolution de s’affranchir de la tutelle de la Grande Loge d’York et de mettre à exécution l’arrêté de 1705. Dans ce but, plusieurs frères distingués, parmi lesquels on comptait George Payne, King, Calwert, Lumley, Madden, Desaguliers, convoquèrent, en assemblée générale tous les maçons de la capitale et des environs, et constituèrent une autorité centrale sous le titre de Grande Loge d’Angleterre.

Le 24 juin 1717, ces quatre loges de Londres avec leurs membres créèrent les bases d’une nouvelle constitution dont l’ambition était de régir les rapports et les bases d’entente entre les différentes loges du globe. La surprise fut grande pour plusieurs loges attachées à leur autonomie et surtout pour les nombreuses loges écossaises et irlandaises qui ne désiraient pas adhérer à un projet universel aussi ambitieux. L’assemblée désigna, à la majorité des suffrages, Antoine Sayer comme premier Grand Maître. La séparation était un fait consommé et les maçons libres ou constructeurs rentrèrent dans les conditions de la vie ordinaire ; les maçons acceptés devenaient seuls les continuateurs philosophiques d’une œuvre définie dans son but et dans ses moyens, c’est-à-dire la diffusion des grands principes de ‘‘Fraternité, d’égalité et de liberté’’ par la propagande pacifique des idées et devait avoir pour apôtre de la bonne parole tous les libres penseurs des deux hémisphères et diffuser la maçonnerie sur tous les points du globe. Même si le système de transmission initiatique était identique dans tous les ateliers et voulait préserver une méthode de recrutement discrète, liée à l’observance de règles strictes en vue de l’obtention des trois grades symboliques (Apprenti, Compagnon et Maître), il n’était pas question d’afficher publiquement les structures d’une vénérable institution. Dès le départ, la Grande Loge de Londres mit toute son influence sur le plan politique pour qu’un représentant de la dynastie de Hanovre puisse occuper le trône anglais. Elle conféra à ce titre, en 1737, le poste de Grand Maître à Frédéric de Hanovre, prince de Galles, comme elle le fit plus tard pour d’autres membres de la famille royale. Cette mainmise de la famille de Hanovre sur la maçonnerie anglaise eut ses opposants puisque depuis 1688, les partisans de la famille des Stuarts avaient créé différents mouvements soucieux de ramener les Stuarts sur le trône. A cette fin et en vue de conserver sa propre autonomie de pouvoir, fut créée, en 1725, une nouvelle branche de Franc-maçonnerie. Cette entreprise vit le jour jour sous l’influence du célèbre discours de Michael Ramsay. Avec l’appui des loges écossaises existantes, il invita les membres à rejoindre une maçonnerie plus traditionnelle. Ce courant créa de nouveaux grades, cherchant à recruter en son sein un maximum de membres influents pour concurrencer la Loge-mère de Londres. C’est ainsi qu’en 1736 apparut la Grande Loge Ecossaise. Elle s’éloigna assez rapidement des traditions corporatives et intégra un aspect plus mystique dans ses travaux. On y retrouva très vite l’influence de la tradition templière, conservée dans la région, au début du quatorzième siècle, depuis le refuge de plusieurs membres de l’ancien Ordre du Temple. Rappelons que ceux-ci ne manquèrent pas de prêter main forte au futur roi Bruce, lors de la célèbre bataille de Bannockburn qui offrit plus tard l’indépendance à l’Ecosse. Deux systèmes distincts s’opposèrent donc. Plus tard, les deux courants maintiendront chacun leur influence au sein des Obédiences et dans les textes des rituels pratiqués de manière différente, à l’exemple de Londres ou d’Edimbourg. Le partage de l’autorité fut difficile. Différentes loges opératives (dont les membres étaient toujours actifs à travers des métiers issus des anciennes corporations du Moyen-âge) se montrèrent réticentes vis-à-vis d’un processus visant à transformer leur propre structure. Elles désirèrent conserver leur autonomie et ne voulaient pas se transformer en loges spéculatives. Elles respectaient les Old Charges ou Anciens Devoirs qui constituaient les règles de base. Divers courants de pensées et personnalités influencèrent la transformation de ces loges opératives dans le courant du XVIIe siècle. Plusieurs documents confirmèrent le rôle occulte et discret joué par les membres influents des Collèges d’Oxford, dont certains participaient aux mouvements et cercles propageant le maintien des anciennes traditions et l’émergence des nouvelles sciences. Ils eurent une influence non négligeable qui déborda le cadre des simples discussions à caractère scientifique, philosophique ou politique. C’est dans ces collèges que s’installa un large débat, libre, à l’abri de toute polémique de doctrine ou de censure. Ces lieux devinrent des refuges privilégiés de personnages importants ou ‘‘hérétiques’’ tel que Giordano Bruno. Ils y trouvèrent un hémicycle pour défendre en toute sécurité, leurs thèses révolutionnaires. Ce sont ces mêmes collèges qui abritèrent le mouvement secret des Rose-Croix. Ces personnages influencèrent, par leurs interventions discrètes ou à travers leurs écrits, les événements importants qui menèrent à la création et à la reconnaissance officielle de la Maçonnerie. […]

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