La Chambre de réflexion

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Travail

….Entre le contexte d'un lieu et

     un premier aperçu de la symbolique maçonnique,

Thème

     la Chambre de réflexion

Auteur …..un Apprenti de la R:.L:. Robert Ambelain n° 14 – Orient de Paris    

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation, qui a le vide et le silence en horreur, d’entrevoir une issue susceptible de faire basculer un conformisme bien rôdé sur une simple question ‘’ Où cours-tu ? ‘’.  Il y a des fuites qui sauvent la vie devant un serpent, un fou dangereux, un meurtrier. Il en est une qui la coûte, celle de la fuite devant soi-même. Dans une fuite par ignorance déterminée des événements d’un siècle perturbé, quelle réaction entreprendre, sinon celle de se poser cette question en trois mots « Où cours-tu ? ».  Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face – se révèlerait sans doute l’inattendu : ‘’ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous’’.  Alors que selon le vieil adage, ‘’la fuite n’évite pas le danger’’, le titre de l’ouvrage de Christiane SINGER ‘’Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?’’ nous propose la sérénité pour franchir le pas de se trouver face à soi-même, à la recherche de ce qui se cache au plus profond de notre être. Et la Franc-Maçonnerie nous donne accès à une porte à ouvrir prometteuse d’une nouvelle condition. Considérant le milieu formaté dans lequel nous vivons où tout va très vite, nous pouvons estimer être dans un monde intolérant envers celui qui se pose pour une réflexion : une société imposant la mobilité, l’adaptabilité, la rentabilité et qui rejette tous ceux hésitant à se lancer dans une course éperdue vers l’inconnu et un renouveau. Mais savons-nous après quoi nous courrons ?  Sans notre quitus ou avis même partiellement favorable, nous sommes simplement placés dans une compétition élitiste pour prendre place dans l’effervescence de la production de richesses matérielles. Il est difficile d’échapper à ce mouvement envahissant qui conditionne notre vie dans quelque structure sociétale que ce soit, d’autant plus qu’elle embarque tous ceux qui doivent trouver le moyen de vivre dignement. Balloté par d’innombrables sollicitations, rétréci par d’incontournables contraintes, dépecé par des statuts économiques et des rôles à tenir, le citoyen du monde moderne sur le chemin d’une civilisation futuriste ne vit plus qu’en compensant dans l’un de ces rôles successifs les frustrations qu’il a subies dans un précédent. La Franc-Maçonnerie pourrait bien devenir une échappatoire pour sortir d’un système de pensées sans humanité, sans Tradition ni l’Histoire et ses repères, sans spiritualité, sans Beauté et Amour.

Parmi les Chambres écossaises qui composent l’Ordre du Rite Ecossais Primitif, il en est une très particulière et familière à tous les Initiés en tous les Rites et en tous lieux, la Chambre de réflexion, dite Chambre de Préparation et Chambre de Retraite au RER et en de très nombreux autres Rites, Cabinet de Réflexion. Ce dernier terme était donc le plus couramment employé selon les Usages maçonniques bien avant les années 1800. En effet depuis la nuit des temps, toutes les Institutions initiatiques ont eu recours soit à une cabane, une caverne, une hutte, un petit enclos ou encore une clairière pour l’isolement du néophyte, dans un endroit à l’abri de l’agitation de l’entourage préoccupé par les préparatifs d’une Cérémonie. Il s’agissait de séparer le candidat de ses proches, de créer une rupture du cadre matériel et humain constituant son quotidien. Le Cabinet de Réflexion (ou Chambre de réflexion au REP), pour l’essentiel, est la forme moderne adoptée par la Franc-Maçonnerie de l’antique cabane citée ci-avant.

Dans son isolement, le candidat se trouve confiné, seul, dans un lieu insolite pour lui, dans une fracture totale annonciatrice d’un changement radical, à l’exemple bien souvent repris de la chrysalide qui va se séparer de son cocon protecteur, pour surgir dans un espace jusqu’alors inconnu d’elle. Cette analogie est à rapprocher du retour à la gestation dans le giron maternel pour replacer l’être dans son contexte originel, et dans une profonde réalité qui précède son arrivée dans l’existence terrestre par sa naissance. Cette Chambre, ne serait-elle pas ainsi une étape nécessaire à l’homme, qui désire mettre fin à un certain fonctionnement pour vivre un nouvel état, et donc se libérer du connu pour appréhender une vie nouvelle ?

Mais que symbolise la Chambre de réflexion vers laquelle est conduit le profane saisi d’une surprise inattendue, un bandeau sur les yeux, tant il est vrai que son intitulé même est parfaitement obscur à celui-ci non averti qui se présente pour faire son entrée dans la Franc-Maçonnerie. A un accueil réservé mais courtois, suit une introduction dans un lieu qui s’avère, une fois le bandeau retiré sur autorisation, ténébreux à l’atmosphère froide et sinistre, où le regard panoramique et scrutateur constate un endroit énigmatique et curieux, si ce n’est lugubre. Je préciserai que j’ai été reçue dans une cave, ce qui n’a pas manqué de provoquer une certaine méfiance. Parmi les objets disposés sur une table, l’attention se porte instinctivement sur un crâne, qui évidemment par sa texture mortuaire intrigue, alors que l’obscurité du lieu favorise calme et recueillement. Succèdent à l’étrange, une sorte de malaise funèbre, ou plus exactement un certain trouble, puis la préfiguration de la fin d’un parcours, enfin l’avant-goût du début d’un autre cycle.  Invitée à m’asseoir sur un tabouret poussiéreux (que j’ai dû essuyer pour ne pas me salir, conformément au code de salubrité de notre mode de vie sur lequel je m’étais dans l’instant attardée sans retenue !!!), l’effet de surprise rapidement dépassé est suscité le sens, dans l’absolu, de l’Initiation en tant que démarche, par laquelle sont mises en action les facultés intellectuelles et affectives.  Dans un silence non ordinaire ou plus exactement sans le moindre bruit ou son, j’ai interprété cette prétendue Chambre, qualifiée ‘’de réflexion’’ selon l’annonce de mon interlocuteur, telle une condition de transition dont le but serait d’établir la paix intérieure. En effet, le lieu m’est apparu comme un espace voué à la méditation, pris sous l’angle d’une antichambre, telle une salle d’attente propice à l’exploration et à l’introspection, sans choc précis mais dans un éveil des sens et une sollicitation de la conscience. Il ne s’agit pas de justifier, dans ce décor austère faiblement éclairé de la flamme vacillante d’une bougie, les impressions éprouvées qui ne sauraient être exhaustives, mais de préciser un ressenti qui ne peut être livré que de façon composée et donc non précipitée ou ‘’brute de décoffrage’’. Au travers de ces lignes, je veux dire que ces premiers instants ont été lourds de signification et ont laissé l’empreinte d’une vive émotion propre aux instants uniques, étant seule et démunie dans une cave, confrontée à moi-même dans le silence.

Cette paix génératrice de liberté de conscience serait-elle donc le fil conducteur à une transformation individuelle ? Ou encore, une ouverture vers un courant de pensée dans l’union avec ceux déjà Initiés que j’ai approchés à plusieurs reprises, espérant trouver auprès d’eux une source de culture dans sa diversité rendue inaccessible dans l’espace public, de dépassement des contradictions, enfin de découvertes de thèmes de réflexion jamais abordés auparavant, ou abandonnés depuis l’exercice d’une activité lucrative. Désormais, s’ouvre à moi une nouvelle parcelle d’activité, cette fois cérébrale. A l’atrophie des facultés de réflexion par un immobilisme professionnel, l’exposition d’objets aussi divers que variés disposés sur une petite table noire, éclairée d’un bougeoir à une seule bougie, curieusement de couleur rouge, ne peuvent être que des symboles. Outre le crâne évoqué ci-avant et quelques ossements accompagnés d’un poignard, d’inspiration morbide, qui favorisent l’introspection et l’appropriation de la condition humaine, se trouvent :

  • du gros sel, maintes fois cité dans la Bible au titre de l’alliance que Dieu ne peut briser (Nombres 18,11 et Chronique 13,5). Le Lévitique (2,13) fait allusion au sel qui doit accompagner les oblations. Les sacrifices doivent en être pourvus. Dans la tradition sémitique, le fait de partager le pain et le sel créent une amitié indestructible. Ainsi, la Bible associe le sel à la notion d’indestructibilité, d’incorruptibilité et d’éternité.
  • du pain et un verre d’eau, deux nourritures terrestres essentielles et de survie. La Bible rappelle que sur une terre aride où les sources et les rivières apportent le bien-être et où la pluie est une bénédiction, ‘’l’âme cherche son Dieu, comme le cerf altéré cherche l’eau’’ (Psaumes), parce que ‘’Dieu est semblable à la pluie du printemps et à la rosée qui donne aux fleurs leur croissance’’ (Osée, 6,3 et 14,6). Ainsi qu’il est précisé dans Jérémie, l’absence d’eau, le désert, sont une punition infligée par Dieu : ‘’L’eau réside dans le cœur du sage ; il est semblable à un puits et à une source’’ (Proverbes 20,5 et l’Ecclésiaste 21,13). L’eau est la fécondation et le germe, susceptibles d’agir sur le Néophyte en suscitant en lui une intense réflexion.
  • une coupelle emplie de terre nourricière, qui donne moisson et récolte, laquelle nous renvoie au centre de tout, mais pas seulement entre Terre (la planète) et Ciel, mais entre ce qui est en-bas et ce qui est en-haut.

Une parenthèse est insérée dans ce Travail, ultérieurement à sa rédaction première, pour souligner certaines différences entre les Rites, notamment au REAA qui expose dans son Cabinet de Réflexion outre un crâne, les éléments suivants : un miroir, du pain et de l’eau, d’autres symboles purement alchimiques, à savoir mercure et soufre associés à l’image complémentaire d’un sablier et d’une faux entrecroisés, celle d’un coq et de la formule hermétique ‘’VITRIOL’’, le tout augmenté des mots ‘’Vigilance et Persévérance’’, alors que paradoxalement aux trois Grades symboliques (Apprenti, Compagnon et Maître) communs à tous les Rites, il n’est jamais fait la moindre allusion à l’alchimie (ni directement ou indirectement) autant qu’auxdits symboles ajoutés. Si bien que l’on peut s’interroger sur l’utilité de disperser le profane dans une multitude de symboles encore une fois inappropriés ou abusifs, puisque jamais évoqués en Loge symbolique !!  Quant au RER, son Rituel du Grade d’Apprenti ne dispose sur la table d’aucun symbole dans la Chambre de Préparation, mais uniquement d'objets courants (écritoire, papier, sonnette, un vase plein d’eau et une serviette), auxquels s’ajoute la Bible. Audace ou impertinence d’assimiler la Bible à un symbole ?  à moins que je ne sois totalement fermée à interpréter la Bible et les Saintes Ecritures, qui datent de plusieurs millénaires, comme un symbole, parce que ce qui est saint ne peut être symbole ! comme Dieu n’est pas davantage un symbole !, tandis que pour les Francs-Maçons le Grand Architecte de l’Univers, pour le coup, symbolise Dieu.  Quoi qu’il en soit le Rituel d’Apprenti du RER fait état de Tableaux, dont le premier en deux parties, pose sept réflexions tracées en lettres d’or sur fond noir ; le second Tableau affiche trois questions préparatoires d’Ordre qui interrogent sur les concepts calés sur la religion chrétienne : de la croyance en Dieu, de l’idée de la vertu dans les rapports avec Dieu et la religion, et de l’opinion des vrais besoins des hommes. Enfin, le Rituel précise que le Frère proposant (ou le Parrain) présente au Néophyte la Bible ‘’en l’invitant à l’étudier avec soin, afin de se pénétrer de la doctrine et des vérités sublimes qu’elle offre aux hommes pour les fortifier dans cette vie temporelle’’.  Je m’interroge sur le temps imparti au candidat de la faisabilité d’étudier avec soin la Bible (même à supposer qu’il y consacre du temps après sa Réception), laquelle rassemble en quelque 2600 pages plusieurs Livres, et d’une faculté instantanée à saisir leur doctrine (à moins que le Néophyte soit un théologien averti !!), alors que la Franc-Maçonnerie de Tradition, soit celle bien antérieure aux années 1800, ne propose aucun dogme religieux.  Parenthèse fermée…

Au REP, le Néophyte n’est point contraint à la consultation de Tableaux exposant une liste de thèmes prédéfinis soumis à sa méditation immédiate ou ultérieure. Le candidat se voit remettre une simple feuille recto-verso sur laquelle sont posées trois Questions d’Ordre, inévitable préliminaire à la Cérémonie d’Initiation au Grade d’Apprenti. Celles-ci sont appelées en d’autres Rites ‘’Testament philosophique’’, qui n’est point de mise, dès lors qu’il ne s’agit pas ici d’une donation, d’un legs, d’une succession. Hormis ce qui précède dans l’acte de rédaction d’un testament, on peut retenir la notion d’une volonté manifeste de Transmission. Le Maçon est un usufruitier qui transmet ses acquis, son Savoir, ses Connaissances, qui sont le fruit de ses efforts personnels. La solennité et la noblesse d’une telle volonté prennent source dans l’impérieux Devoir de transmission imposé à tous les Membres de la Fraternité, parce que tous sont héritiers du patrimoine historique du Rite, qui doit subsister et survivre au-delà des générations suivantes.

A tout le moins, ‘’L’expression de volontés spirituelles‘’ serait admissible, parce qu’il s’agit, au REP, très clairement d’une déclaration de considération des Devoirs. Ainsi le Néophyte est appelé, non pas à une analyse de ses sentiments, mais à fournir une réponse spontanée à trois courtes questions :

  • Quels sont les Devoirs de l’Homme à l’égard de Dieu ?
  • Quels sont les Devoirs de l’Homme envers l’Univers, les êtres ?
  • Quels sont les Devoirs de l’Homme envers lui-même et l’Humanité ?

Celui qui répond à ces trois Questions d’Ordre spécule sur les valeurs qu’il estime fécondes et bienfaitrices dans ses rapports avec la société des Hommes et qui répondent aux trois vertus théologales : Foi, Espérance et Charité.  Livrer les trois réponses, qu’il portera sur le papier, signe son adhésion à faire un point sur ses sentiments et convictions, et qu’elle que soit la qualité rédactionnelle employée, le seul fait d’avoir produit la traduction de son ressenti est un geste très fort pour lequel il s’oblige à éveiller une réflexion sur lui-même.

Abandonné, livré à lui-même, le silence qui l’entoure sera à plusieurs reprises rompu de propos ayant trait à la morale et à la gravité de la démarche dans laquelle le Candidat s’est engagé. Enfin, la porte de la Chambre de réflexion heurtée à nouveau avec fracas, il lui est demandé la restitution de la feuille aux Questions d’Ordre dûment complétées. Une nouvelle fois, après de grands coups bruyants, il lui est annoncé qu’on vient le chercher pour lui faire subir de violentes épreuves physiques et morales, dans la mesure où il souhaite poursuivre et non pas se retirer librement.

Avant de sortir de la Chambre de réflexion, le bandeau recouvrant les yeux, le Néophyte se trouve saisi d’une nouvelle surprise, selon laquelle il lui est demandé de se démunir de tout ce qui est qualifié de ‘’métaux’’. Dans un acte qui marque l’abandon de tous signes extérieurs de richesse et le renoncement à l’arrogance superficielle, il remet ses effets personnels (montre, bijou, monnaie,…). 

Que retenir du passage dans la Chambre de réflexion ?

La Chambre de réflexion constitue à elle seule, parmi les quatre Voyages de l’Apprenti qualifiés d’Epreuves au REP, une première étape par un transit au centre de la Terre, les trois suivantes étant infligées à l’Apprenti dans le cours de son Initiation. Après les Questions d’Ordre essentielles à la compréhension et à l’assentiment du Candidat à poursuivre la voie initiatique, cette première Epreuve a pour objet de le sensibiliser sur le dépouillement des métaux ayant valeur symbolique, puisque le Néophyte les récupère après sa Réception au Grade d’Apprenti. Il ne s’agit pas, dans la Tradition maçonnique, d’arracher le Néophyte du monde profane au sens concret de l’expression. La Franc-Maçonnerie n’exige pas la renonciation au monde temporel. Elle prétend seulement conduire à une abstraction des contingences profanes, à une réflexion sur soi-même, à une intériorisation. Le Maçon veillera à s’efforcer au cours de sa vie nouvelle à réaliser un équilibre aussi harmonieux que possible entre la matière et la spiritualité. Et ainsi que le précise l’Instruction du premier Grade ‘’Pour indiquer que la valeur individuelle doit s’apprécier en raison des qualités morales. L’estime ne doit se mesurer que selon la constance et l’énergie que l’homme apporte à la réalisation du bien’’. Il est dit aussi ‘’dépouillé de ses métaux, parce que la vertu n’a point besoin d’ornements’’. Le rappel des richesses par les métaux et tous attributs (titres et distinctions, aspect vestimentaire et moult biens) se rapporte à des signes extérieurs, soit à une représentation matérielle d’une réalité abstraite et éphémère qui occupe une place prépondérante dans le monde profane.

Il en va différemment sur le thème des symboles. ‘’Le symbole n’impose rien, il donne à penser’’, écrivait Gaston Bachelard. Il se distingue du signe, d’un point de vue formel par la pluralité de ses interprétations. Il est comme disait Goethe ‘’une fenêtre ouverte sur le monde’’.  Ainsi le ‘’dépouillement des métaux’’ dans la Loge maçonnique n’exige pas de ses Membres le vœu de pauvreté, puisqu’elle les restitue. La Franc-Maçonnerie exalte le travail. Tout son symbolisme blasonne l’amour du travail, seule véritable source de dignité et moteur central du progrès individuel et collectif. La richesse, dans la mesure où elle est le fruit du travail et seulement sous cette restriction, est une grâce. L’Initié, s’il ne méprise pas la richesse, ne se laisse pas griser par elle et sait lui attribuer sa juste place, là où elle ne nuit pas à son épanouissement spirituel. Telle est la leçon, ou tout au moins, une des moralités à tirer du rite du dépouillement des métaux. En Franc-Maçonnerie on évoque avant tout les Devoirs et on laisse de côté les droits. Pour s’améliorer, accéder à la liberté, le Maçon doit s’imposer des devoirs et produire un effort sur lui-même, ainsi que le précise l’instruction du premier Grade ‘’Est né libre, celui qui, après être mort aux préjugés du vulgaire, s’est vu renaître à la vie nouvelle que lui confère l’Initiation’’. Il exprime ainsi son abdication des vains désir, du paraître, du superficiel que le ''nouvel'' homme va volontairement congédier.

A titre personnel, je pense que l’Initiation maçonnique peut restituer au Maçon une identité choisie et faire de lui une créature responsable, maître de sa propre vie, parce que l’Initiation est libératrice. La démarche initiatique et la confrontation avec les symboles ne sont fécondes pour l’esprit que si elles correspondent au vécu et à la connaissance croissante avec les Travaux en Loge. Le Néophyte qui sort de la Chambre de réflexion peut conquérir sa propre liberté, selon sa volonté dépendante de lui seul, parce que nul ne pourra la détourner.  S’il est possible de lui montrer le chemin, il est impossible de le porter sur le chemin. Il doit contrer seul la lassitude, le découragement, le doute et les obstacles qui l’attendent, parce qu’en dernier recours, il saura qu’il peut trouver appui et encouragements auprès de la Fraternité. Pour se faire, encore faut-il qu’il ne soit pas démuni d’humilité. Cependant, si l’Initiation ne peut se transmettre par le seul discours qui doit tendre à créer un éveil et non à transmettre un signe ou un message, elle doit être transmise dans le contexte d’un groupe. Le Rituel pratiqué au sein d’un collectif d’Initiés, où règne la Fraternité, procure les garde-fous sans lesquels une démarche introspective solitaire serait vouée à l’échec.

L’Initiation selon le Rite Ecossais Primitif reste une belle aventure accessible aux Francs-Maçons de désir.

J’ai dit, Vénérable.

(Travail déposé sur le site en septembre 2016)

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