Maçonnerie écossaise et R.O.S.

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               Les chroniques écossoises du REP            

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 Titre

Historique de l'origine et de l'introduction de 

la Maçonnerie écossaise   et   Royal Order of Scotland 

 Auteurs  Paul Naudon  et  Jean-Emile Daruty, par leurs ouvrages respectifs  
 Source

..Histoire Générale de la Franc-Maçonnerie, Editions Charles Moreau – 2004

..Recherches « La Franc-Maçonnerie en Angleterre, en Ecosse et en France » 

La Maçonnerie opérative écossaise remonte loin dans le passé et elle fut la première à admettre des membres « acceptés ». La loge d’Edimbourg Mary’s Chapel n° 1 possède des procès-verbaux de 1599. La loge est, bien entendu, plus ancienne. En 1600, elle admit un ‘‘non-opératif’’, John Boswell of Auchinlek, à participer à ses travaux. Les protocoles de la loge comportent les Schaw statutes, ordonnances promulguées à cette époque (1598-1599) par William Schaw, maître des travaux du roi et surveillant général des maçons. Il s’agit de règles pratiques similaires à celles des corporations de métiers.

La forme nouvelle, exclusivement spéculative, de la Franc-Maçonnerie aurait été inspirée par les Anglais après 1717. En 1721, Desaguliers, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Londres, fit un voyage en Ecosse, rendit visite à de nombreuses loges et tint une réunion à la loge Mary’s Chapel avec des maîtres maçons d’Ecosse. Par la suite, et dans un temps très court, nombre d’hommes d’Etat et de nobles se firent initier à cette loge. En 1725, les premières démarches furent faites en vue de la création d’une Grande Loge. En 1736, les représentants de 33 loges, réunis au local de Mary’s Chapel, nommèrent leur premier Grand Maître, William Saint-Clair de Roslin, le dernier de la famille des protecteurs héréditaires des loges écossaises.

Si les Maçons d’Ecosse prirent modèle sur les Anglais pour l’organisation obédientielle centralisée, ils n’en restèrent pas moins fermement attachés aux rites traditionnels pratiqués sans altération ni adaptation. Aussi penchèrent-ils davantage du côté des ‘‘Antients’’ dans l’opposition de ceux-ci aux ‘‘Moderns’’. Le particularisme écossais fut encore accentué par la fidélité indéfectible de beaucoup à la maison des Stuarts et à la religion catholique, seule ‘‘Sainte Eglise’’ pour eux aux termes des vieilles obligations. Aussi, tout comme en Angleterre et avec des motifs encore plus forts, nombre de loges refusèrent-elles de se rallier à la nouvelle forme obédientielle et gardèrent leur indépendance. Cette assistance trouva en 1743 sa structure de cohésion, quand la vieille Loge Mère de Kilwinning (The Mother Lodge of Kilwinning), mécontente d’avoir été placée au deuxième rang du tableau matricule de la Grande Loge, derrière Mary’s Chapel, alors qu’elle prétendait à l’antériorité, reprit son indépendance pour jouer le rôle d’une Grande Loge distincte. Cette dualité dura pendant plus de soixante ans et soixante-dix loges environ reçurent leur charte de Mother Kilwinning.

Les causes de division disparurent avec le temps. Les querelles dynastiques s’oublièrent et devinrent sans objet. Les catholiques cessèrent d’adhérer à la Franc-Maçonnerie. En 1807, les loges écossaises se réconcilièrent et s’unirent au sein de la Grande Loge d’Ecosse, Kilwinning étant placée en tête des ateliers sans numéro d’ordre.

La Maçonnerie de l’Arche Royale, pratiquée dans les Chapitres, est régie par le Grand Chapitre de l’Arche Royale d’Ecosse. En 1846, a été constitué à Edimbourg un Suprême Conseil du Rite Ancien et Accepté, attaché comme ceux d’Angleterre et d’Irlande aux rituels traditionnels d’affirmation chrétienne. Les Knights Templar sont groupés dans un Grand Prieuré d’Ecosse.

Comme la Grande Loge d’Angleterre, celle d’Ecosse s’est largement répandue dans l’Empire britannique grâce notamment à ses loges militaires créées à partir de 1747. […]

Il faut enfin mentionner une particularité écossaise, la Grande Loge de l’Ordre Royal d’Ecosse (Royal Order of Scotland), qui invoque une tradition spécifique et sa fondation par Robert Bruce, roi des Scots en 1306. Ce n’est là qu’une légende. Cet ordre s’est formé vers 1750 et constitue, avec ses degrés d’Hérodom et de Rosy Cross, une réplique à la maçonnerie des Hauts-Grades, dite ‘‘écossaise’’, qui se répandait alors sur le continent, en France et en Allemagne.

[…]

 

Source : Jean Emile Daruty, dont Alain Bernheim et Claude Gagne reconnaissent ses travaux de recherche historique sur les origines de la Franc-Maçonnerie qu’ils qualifient d’ailleurs de ‘’mines de renseignements’’ et de base incontournable sur laquelle les divers historiens modernes s’appuient au même titre qu’ils le font à partir des ouvrages de Thory et de Bord.

[…] Malgré la constitution de la Grande Loge d’Ecosse, la mère-loge de Kilwinning continue longtemps à vivre indépendante et à constituer des loges comme par le passé. Lors de son organisation, la Grande Loge d’Ecosse donne le N°1 à la loge Mary’s Chapel d’Edimbourg, qui avait produit des archives remontant au 25 décembre 1598, et elle place sous N°2 du tableau de ses loges l’ancienne mère-loge de Kilwinning dont les archives primitives avaient été détruites dans un incendie (celles qui lui restaient ne remontaient pas au-delà du 20 décembre 1642). Bien qu’elle n’ait produit aucun titre qui établît son droit d’ancienneté, il était cependant de notoriété publique que la mère-loge de Kilwinning existait depuis 1150. Lors de la réorganisation des loges écossaises par William Schaw, maître des travaux (1598-1599), la loge de Kilwinning avait été reconnue et confirmée dans sa position de Head Lodge – mère-loge –, d’anciens documents la qualifiaient ‘’The ancient Ludge of Scotland’’. Elle avait, en conséquence, des droits incontestables à la première place. Froissée du procédé de la Grande Loge d’Ecosse, la mère-loge de Kilwinning lui adresse une protestation, le 30 novembre 1743 ; puis n’obtenant pas la justice qu’elle demande, elle transporte son siège à Edimbourg, où elle s’établit sous le titre de Grande Loge Royale et Grand Chapitre Souverain de l’Ordre de H-R-M de Kilwinning et des Chevaliers R.S.Y.C.S. (*), titres qu’elle revendique parce que les rois d’Ecosse l’ont autrefois présidée en personne et parce que le roi Robert 1er, fondateur de l’Ordre, s’est réservé le titre de Grand Maître pour lui et ses successeurs, dignité qui, depuis la réunion de l’Ecosse et de l’Angleterre, appartient aux rois de la Grande-Bretagne et d’Irlande. […]  Ce n’est qu’en 1807 qu’un accord intervient, à la suite de négociations entamées par la Grande Loge d’Ecosse le 21 février : la mère-loge de Kilwinning abandonne à la Grande Loge d’Ecosse l’administration et la connaissance des trois degrés symboliques de la maçonnerie de St-Jean. En vertu de cet accord, ratifié en novembre par la Grande Loge d’Ecosse, la mère-loge se range, comme atelier symbolique – elle et les ateliers de sa juridiction – sous l’obédience de la Grande Loge d’Ecosse qui la place en tête de la liste de ses loges, sans numéro, et sous le titre : Antient Mother Lodge of Kilwinning. Il est aussi stipulé que chacun des Maîtres de la mère-loge de Kilwinning serait, ipso facto, Grand Maître provincial d’Ayrshire.

A dater de cette époque, les maçons des loges symboliques vont prendre les hauts grades dans le Grand Chapitre de l’Ordre Royal de H-R-M de Kilwinning et des Chevaliers R.S.Y.C.S. qui continue séparément ses travaux et se réunit, à cet effet, dans le local de la loge Saint-André, sous le nom de laquelle est il est même quelquefois désigné.

La maçonnerie, en Ecosse, organisée dès le début sur des bases plus larges et plus convenables qu’en Angleterre, brille plusieurs siècles avant la maçonnerie anglaise ; dès le XVe siècle les loges écossaises s’ouvrent à la noblesse et à la bourgeoisie et ne sont pas le partage exclusif des artisans. De tous temps elles se distinguent par la régularité de leurs travaux ; aussi beaucoup d’ateliers s’affilient-ils à la Grande Loge d’Ecosse, aussitôt leur formation, ainsi qu’au Grand Chapitre de l’Ordre Royal, et, dans les différents états de l’Europe, les maçons recherchent-ils leurs constitutions. C’est ce qui explique le titre d’Ecossais que se donnent, dès leur origine, certaines loges et certains chapitres du continent qui tiennent à honneur de se modeler sur les ateliers d’Ecosse.

            L’ Ordre Royal d’Ecosse se compose des deux Ordres réunis de H.R.M. de Kilwinning et des Chevaliers de la Rose Croix (The Royal Order of Scotland, H.R.M. of Kilwinning and Knights of the R.S.Y.C.S).  Ce dernier date de la fin du XIIe siècle, et le premier, restauré sous le règne de Robert Bruce, de la fin du XIIIe. On pense même généralement que leur fusion date de la création de l’ Ordre du Chardon (the most ancient Order of the Thistle), qui leur aurait rendu leur activité en adoptant leurs formules de réception. L’Ordre de H.R.M. avait autrefois son siège, d’abord dans l’île de I-Colm-Kill, puis à Kiwinning, où il était gouverné par le même Grand Maître que la mère-loge et où celui-ci s’était transporté peu après l’introduction de la maçonnerie de Saint Jean.

            L’Ordre des Chevaliers R.S.Y.C.S. est un Ordre de chevalerie, et, peut-être le seul qui ait quelque rapport avec la franc-maçonnerie. Le Grand Chapitre de l’Ordre Royal d’Ecosse ne peut être établi qu’en Ecosse ; c’est de cet Ordre que sont dérivés presque tous les hauts grades dits écossais. Pour être admis dans l’Ordre Royal d’Ecosse, il faut appartenir déjà au Grand Chapitre Suprême des maçons de Royal-Arch d’Ecosse. […]

- – - -

(*) H-R-M est l'abréviation d'Heredom, M.H. celle de Mother  et   les initiales R.S.Y.C.S. désignent ''Rosycrucians''

 

(Document déposé sur le site du Rite Ecossais Primitif en décembre 2013)

2 comments

  1. Anonyme

    MTCF Je vais organiser un voyage maçonnique pour une loge GLNF / REAA 1802. Pouvez-vous m'orienter sur une loge en Ecosse à Edinbourg ou Glasgow afin que je puisse prendre contact ? Salutations fraternelles, Second Suveillant RL La Corne d'Or 1039 – GLNF

  2. mmutel

    Mon Bien Aimé Frère.  Au titre de sa reconnaissance par la GLUA, la GLNF est à mon avis la seule Obédience en mesure de donner les meilleurs conseils à ses Membres. Et il ne nous apartient pas d'interférer dans les questions des Loges attachées à la seule Grande Loge Française régulière et dûment reconnue par la Loge-Mère du Monde.

    Le Grand Maître, Elisabeth MUtel

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