La Mort

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Morceaux de textes choisis

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Travail

Morceau d'architecture pour un regard sur 

la Chambre de réflexion et le dépouillement des métaux 

Thème

La Mort, signature de ma vie

Auteur

…. Elisabeth Mutel - Resp:. L:. Robert Ambelain n° 14, Orient de Paris 

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A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Au Banquet de la Vie, j’ai beaucoup mangé, beaucoup bu, beaucoup aimé,

beaucoup ri et beaucoup pleuré aussi.

Mais qui se souviendra du convive que j’étais au Banquet de la Vie ?

« Nous savons que nous mourrons tous, mais nous n’y croyons pas », disait Jankélévitch.

    .L’homme chante, rit, pleure et … disparaît. Mais non, il ne disparaîtra jamais totalement, seulement si nous ignorons qu’il repose dans le Jardin du Souvenir ou qu’il subsiste une parcelle de son âme dans les pensées qu’il a laissées derrière lui.

     La mort est incontournable, personne ne peut y échapper. On essaie de trouver toutes sortes d’explications et de s’accrocher à maintes croyances dans l’espoir de la dépasser et de la contrôler. Malgré toutes ces conspirations, elle est présente dans les coulisses de la destinée, tout à l’heure, demain, dans quelques années, au coin de la rue et quoiqu'il se produise elle est au bout du chemin de l’existence. Si l’heure est incertaine et inconnue, l’événement quant à lui est certain. La mort est dans l’ombre de la vie, de telle sorte qu’il faut accepter de donner à l’une (la mort) et à l’autre (la vie) un unique et fatidique acquiescement. Cette étape dernière reste obscure et nous place dans une situation de doute, comme la sanction qui tombera à la fin d'un cycle étudiant par l'obtention d'un diplôme ou d'un échec cuisant, comme l'accord parfait ou la désapprobation de son supérieur hiérarchique sur l'accomplissement d'une activité ou d'une mission, le profit ou le résultat déficitaire qui ressortira du bilan d'un exercice social. Au soir de la vie, l'être en quête de vérité, dépourvu de réponses insatisfaites à ses questions … ou non satisfaisantes, se place en situation d'examen de conscience … pour se rendre coupable de ce qu'il n'a pas trouvé ou donné. Il cherche alors une âme bienveillante susceptible de lui procurer le répit nécessaire avant la dernière épreuve. Qui n'a point été le témoin des moments de doutes d'un ami, d'un parent, d'un proche, d'une relation qui se pose d'ultimes questions : « qu'ai-je fait pendant tout ce temps écoulé ?, que n'ai-je pas fait ?, qu'aurai-je dû faire et pourquoi ne l'ai-je pas fait ?, …». Quel est l'envahissement qui empare l'être pour le basculer dans un profond désarroi un court instant durant lequel il se sent vaciller, si ce n'est le bilan d'un parcours, d'un tronçon de vie ? ET celui qui a assisté à cet état de trouble et de confusion se sent à son tour pris dans une embuscade qui le tourmentera avant l'heure.

A l’issue, donc fatale et inévitable, s’impose la nécessaire résolution – celle-ci étant non fatale mais librement choisie – de retenir cet infini constat, celui du don de la vie, auquel la mort met le point final suivi de sa signature apposée au bas du parchemin de la vie.

Si la mort est en nous, nous vivons avec elle. La vie et la mort entrent dans la dualité de la condition humaine pour ne former qu’un couple indéfectible. La mort met un terme à notre vie terrestre qu’elle déclarera, à l’heure voulue, close.  La mort est l'étape finale de la vie, dans laquelle cette ultime pause prend plein pouvoir à effacer toute trace et toute présence de notre personne après le dernier rendez-vous : le grand départ pour le repos. C’est pourquoi nous serons plus forts et sereins devant la mort, si nous nous efforçons d’épuiser et de consommer notre vie en une seule fois. Ma réflexion la plus émouvante et la plus intense dans le cours de ma vie me donne à envisager une croissance sur terre qui me procurera la consistance nécessaire pour me présenter à l’entrée du commencement d’une vie éternelle, hors du monde terrestre duquel je serai désormais absente. En ce qui nous concerne, les dés sont jetés une fois pour toutes dès notre naissance, et si avec l’âge nous nous trompons, sans vouloir remédier à nos erreurs pour lesquelles nous consentons à ne pas interrompre le processus, c’est à jamais irrémédiable et avec notre plein accord.

Il n’y a rien de permanent et de figé sur terre pas plus qu’en nous-mêmes, à l’exception d’une recherche, seule à procurer un effet persistant et plus exactement celui d’une continuité dans la permanence d’une méditation. La pensée devient à l’évidence une constance assimilée à une obsession, laquelle ne sera tarie que lorsque nous en aurons percé le mystère, qui nous préoccupe dans notre quête d’absolu. Toutefois, moult pensées nous assaillent de tous côtés. Qui ne songe à la personne aimée, admirable, à un inconnu remarqué et admiré ce jour, à celle du temps jadis… et disparue ?  Cette pensée, qui côtoie la mort restée jusqu'alors dans un paisible sommeil, est une mainmise sur les couleurs de la vie, ses joies et ses peines, ses jouissances et ses souffrances, ses satisfactions et ses échecs.

Celui qui recherche sans cesse l’immortalité est dans un état qui le soustrait momentanément à la mort jusqu’à ce qu’elle surgisse dans sa vie. Dans le temps qui lui est encore imparti, l’homme n’est-il pas en carence de sa véritable valeur refuge qu’il ne parvient pas à saisir et à maîtriser ?  En d’autres termes, je reprendrai cette citation pour imager mon propos : « Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d’entendre la petite phrase, qui à elle seule, peut faire basculer une vie : Où cours-tu ?  Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier. Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous. Où cours-tu ? Si au contraire, nous faisons halte –ou volte face– alors se révèlerait l’inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous. »

Ces quelques lignes de Christiane Singer nous renvoient à notre entrée, placée sous le sceau de l’inconnu, dans la Chambre de réflexion, face à nous-mêmes, à la recherche de ce qui se cache au plus profond de notre être pour y créer un état d’éveil. Avant de quitter ce lieu lugubre, comme pour prolonger d'autant l'obscurité propice aux questionnements, nous avançons les yeux de nouveau bandés vers un autre lieu qui nous prendra en otage soumis à des épreuves symboliques. Plus tard, sans symbole aucun, avec le temps le Maçon veillera à ôter tous les masques qui lui voilent les yeux et le privent d'une prise de conscience de la réalité. Avec le temps, tout va, tout s'en va …., avec le temps, nous  voyons les choses différemment, les êtres qui nous entourent autrement, la vie comme un bienfait précieux à choyer ardemment.

Ce rappel des épreuves avec les éléments rencontrés dans le cours de l’Initiation permet au néophyte d’être favorisé parmi les vivants d’entre les vivants, puisqu’il a la faculté d’un retour aux sources que lui suggère la Chambre de réflexion par son premier Voyage au centre de la Terre. Ce n’est que par la suite, puisque rien ne lui interdit d’y revenir, qu’il comprendra sa nouvelle condition, le vieil homme qu’il était vient de s'éteindre. Pourquoi sommes-nous favorisés ? Oui, favorisés parce que nous prenons conscience de la faveur que seul l’Ordre peut nous donner, en nous remémorant notre entrée dans la Rituélie maçonnique qui restera à jamais inscrite en nous. C’est ainsi que la profane (que j’étais) a été introduite, dans une cave d’un sous-sol parisien où siégeaient, outre toiles d’araignée, poussière, odeurs de moisi et de salpêtre, des objets insolites et inquiétant disposés sur une petite table : telle m’est apparue la Chambre de réflexion. Celle-ci subsiste aujourd’hui en de nombreux Rites, sous l’appellation de Cabinet de réflexion ou Chambre de préparation, selon des usages vieux de deux cents ans, car elle est restée inscrite dans la pratique des rites initiatiques de tous temps et en tous lieux.

En effet, l’isolement de l’aspirant placé dans un lieu écarté et silencieux, dans une cabane, une clairière dans la forêt ou une caverne, est une coutume qui date de la nuit des temps. Pourquoi avoir séparé le profane de son environnement quotidien, celui qui lui est bien connu et familier, si ce n’est pour figurer un éloignement de son foyer pour un lieu fermé et sinistre, dans lequel règne une atmosphère de mort, de rupture propice à un changement radical et singulièrement déterminant d’un nouvel état, comme la chrysalide qui quitte à jamais son cocon. Cette analogie de la chrysalide nous renvoie à notre contact avec le deuxième élément, l’Air, produit à notre sortie du ventre maternel. Cette sortie pour une brusque arrivée sur terre correspond à des réalités psychiques profondes. Pour l’essentiel, la Chambre de réflexion est la forme contemporaine et adaptée à nos mœurs de l’antique cabane initiatique que les Rituels ont su conserver.

Qu’attendre de cette anti-chambre où sont exposés crâne, poignard, coupelle remplie de terre, vase d’eau ? D’une part, elle pose la question de la mort, douleur extrême de l’amour-propre qui subit quelque perte ; d’autre part, elle propose l’abandon de ce que l’on croit posséder au travers de ses biens matériels pour un renoncement à nos addictions et au désir même de possession. La Chambre de réflexion se pose en révélateur et en détonateur d’une prise de conscience dans une démarche volontaire d’acquisitions nouvelles fondées sur des valeurs vers lesquelles il est possible de se réfugier, sans faire référence naturellement aux ''valeurs refuge'' dont nous entendons parler en ce nouveau siècle (!). Naturellement l’homme est enclin à rester attaché à ses racines et ses repaires qui lui inspirent les frontières d’un territoire, dans lequel il délimiterait son terrain d’entente avec lui-même et y fixerait SON domaine, celui ayant pour office la domiciliation de SON centre de réflexion et d’intérêt, afin de prendre SA place dans la société. Et nous sommes une fois de plus dans l’expression de la possession par l’énoncé des articles possessifs qui disposent d’une qualification personnelle des acquis et des attributs matériels et immatériels.

Mais pour l’Initié ses titres et propriétés du temps passé, qui le pénétraient plus qu’il ne les possédait, étaient d’une importance vitale pour le vieil homme tant son état de richesse concrète le comblait. Parcours accompli pour le profane, certes, mais son bonheur où est-il et quel espace occupe-t-il dans son habitacle ? Est-il meublé de pièces et d’œuvres d’art, de ses propres productions qui constituent son patrimoine intellectuel, ses réalisations artistiques, prouesses techniques, … ou d’une vie artificielle menée par des combats sans gloire, ou pire peu glorieux, qui s’estomperont immanquablement avec le temps, car la société le placera dans l’oubli.  Et la tristesse, qui anticipe une vie gâchée aux allures médiocres, envahit l’homme sauf celui indomptable en capacité de refuser énergiquement un assujettissement à la tyrannie d’un pouvoir plus fort que lui. S’offrent aux désemparés plusieurs recours aux accents attrayants ou séduisants qui ne seront que le piège d’autres tyrannies placées sous tutelle de dogmes sans concession.

     Dans une société où les hommes sont maintenus soumis à des solutions prescrites par d’autres qu’eux-mêmes, ils sont suspendus à se précipiter sans moyen de recul, de répit et de temps de tolérance pour mûre réflexion, uniquement projetés dans une mobilité, adaptabilité, rentabilité qui rejettent, dans la classe déchets, ceux qui rechignent à se lancer dans une course éperdue vers le néant et l’inconnu. Et bien souvent, nous ne savons même pas pourquoi ou après quoi, nous courrons comme l’écrit Christiane Singer.

Il est alors difficile pour l’homme de ne pas suivre ce mouvement envahissant, d’autant plus que celui-ci s’empare du plus grand nombre sur un terrain balisé dont il est périlleux de sortir, à moins de se marginaliser et de se fragiliser dans une société qui a pour plan parfait la production. Balloté par d’innombrables sollicitations, rétréci par de multiples contraintes, dépecé par des statuts sociaux et des ‘‘rôles’’ à jouer, le citoyen de notre monde n’a d’autres solutions que celles d’une civilisation dans lequel il pense trouver la compensation qui le soustraira à ses précédentes frustrations et tenir enfin la clé de sa protection si généreusement exhibée par la société. L’approche d’une autre vie est à même de céder la place au mirage des théories prometteuses de bonheur, car les seules susceptibles d’apporter une réponse aux questionnements insatisfaits de l’homme. Depuis des millénaires, diverses philosophies ont conditionné l’homme dans ses critères de choix de vie et de comportement, d’espoirs, de persuasions conductrices à un plein et parfait aboutissement.

Parmi les philosophies de notre temps, l’une d’elle interpelle l’homme déchu de ses espoirs et il frappe à la porte d’un enclos, celui de la Franc-Maçonnerie qui lui propose une entrée dans un atelier voué à la Sagesse et à la recherche de la Vérité pour le conduire à écouter sa voix intérieure.

S'expose à lui, un nouveau chemin, celui de l’Initiation conçue dans une démarche qui engage totalement ses facultés intellectuelles et affectives dans le but de construire sa Paix intérieure. Cette étude implique la nécessaire conquête de la liberté qui s’acquiert dans une transformation individuelle et personnelle. Plus précisément, il lui appartient de découvrir l’union dans la diversité, de dépasser ses contradictions, de réunir ce qui est épars en lui.

S’offre à celui qui a acquis l’état d’initié la perspective d’une première connaissance, celle de lui-même. Dans sa recherche et sa quête d’absolu, où il est le principal acteur et le seul décideur du changement de son destin, avant l’issue finale que représente la mort, il accepte l’abandon des métaux établis sur la base des critères qu’il avait jusqu’alors retenus pour son accomplissement. Il procède à l’extinction d’un mauvais éclairage qui lui masquait la réalité et le maintenait dans l'obscurité où fourmillent toutes les pensées ténèbreuses.

Ainsi, préalablement à sa Réception dans l’Ordre, la Franc-Maçonnerie en le dépouillant de ses métaux n’exige pas de lui le vœu de pauvreté, puisqu’elle les lui restituera par la suite. Elle tend à exhorter, contrairement aux protagonistes de la production, l’exaltation du Travail. Tout le symbolisme de l’Initiation couronne l’amour du travail, seule véritable source de dignité et seul moteur de progrès individuel et collectif. La richesse, dans la mesure où elle est le fruit du travail, et seulement sous cette restriction, est une bénédiction. L’initié, s’il n’a pas à mépriser la richesse, ne se laisse pas griser par elle et il sait lui attribuer sa juste place, là où elle ne gêne pas son épanouissement spirituel. Telle est la leçon, ou tout au moins, une des leçons à tirer du rite du dépouillement des métaux.

Mais qu’est-ce en fait que ce dépouillement des métaux qui se produit à la sortie de la Chambre de réflexion, dans un état où nous sommes ni nus ni vêtus ? Ne serait-ce pas l’étape intermédiaire avant d’entreprendre le dernier voyage dans le wagon du terminus qui a pour destination le lieu-dit ‘‘La Mort’’ ?

Et ce seront toujours les initiés qui seront à même de comprendre pourquoi les Travaux exigent l’abandon des métaux à la porte du Temple, comme le rappellent les Rituels.

En effet, en reprenant le récit de la construction du Temple de Jérusalem, nous lisons dans la Bible (Livre premier des Rois 6/7) : ‘‘La construction du Temple se fit en pierres de carrière : on n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer dans le Temple pendant sa construction’’.  Ainsi, en Loge, on ne se sert plus d’outils de fer qui préparent les pierres. Celles-ci sont prêtes à leur destination finale. Il s’agit simplement de les assembler. Pour ce faire, on ne se sert que des outils de mesure : équerre, compas, fil à plomb, niveau, règle, levier, lesquels sont silencieux et ne sollicitent pas la force, bien au contraire ils la démultiplient et la soutiennent par des facultés de raisonnement et d’intellect qui situent l’ouvrier à la dernière tranche de la construction.

Après la mort de ses concepts passés, figurés par les métaux qu’il a laissés sur le bord du terrain profane où il est mort, le néophyte se reconstruit et approche une phase de gloire au travail qui le mènera à celle véritablement finale de la construction.

Dans la réalisation de notre mission, nous avons à assembler, nous référer aux plans tracés, préparer le montage de l’édifice commencé au-dehors avec la coupe et la taille de la pierre, et à rassembler tous les éléments qui parachèveront le Grand Œuvre, pour une consécration suprême du Temple par tous les bâtisseurs qui ont participé à l’ouvrage.

Les participants à l’acte de construire, de l’Apprenti au Compagnon jusqu’à l’Architecte, disposent des éléments et des matériaux nécessaires à l’œuvre collective qui trouve son plan parfait dans nos Rituels et nos instructions dialoguées, riches d’un enseignement que permet sa pure Transmission. Ainsi, toutes les portes nous sont ouvertes par les Rituels, sans épargner et exclure aucun des textes consultés par toutes les générations qui se sont succédé, depuis la Bible jusqu’aux écritures des plus anciens philosophes et sages de l’Antiquité, de la mythologie à l’histoire des civilisations, qui constituent l’inépuisable terroir ou bas-fond propice à satisfaire toute recherche, sans induire dans une direction précise le Maçon, libre de ses orientations.

Car tous les ‘‘cherchants’’ que sont les Maçons dans le Temple ont la faculté d’exposer leur découverte, le résultat de leur recherche et leur point de vue personnel, et à ce titre, ils prennent place dans l’édifice, corollaire du travail collectif. Dans ce lieu sacré, tout excès de langage est incongru, toute manifestation passionnelle est mal venue, tout mépris est vivement condamné. Les échanges sont producteurs des actes qui permettent le travail sur les matériaux dans une égalité d’entendement pour le profit du plus grand nombre. Ainsi, tous les hommes parviennent à donner leur production !!!!!

     Les Maçons sont les acteurs d’une Chaine opérant le traitement et le façonnage des pierres, dont aucun ne peut se prévaloir supérieur à un autre au motif qu’un de ses éléments serait défaillant, faible, inconsistant, mais où chacun prend place dans un interstice sans rupture de l’harmonie. Tous composent le chœur du Temple constitué de tous les membres à l’unisson d’une chorale INDIVISIBLE sous la direction d’une orchestration où instruments et voix résonnent en un accord parfait, comme le dirait Robert Ambelain

« dans une restauration de l’Homme en ses particularités initiales et en une seule chorégie ».

La transmission est reine et préside à la construction de l’édifice et de l’homme sur la voie du parfait achèvement.

     Le Maçon est désormais placé sur le chemin de sa re-naissance propice à sa reconstruction qui lui procurera la satisfaction qu’il recherche et qui est la sienne sans jugement d’autrui.

Mais, il sait qu’il aura à revenir sans cesse sur l’ouvrage et à faire appel à ses ressources sans souci d’épuisement, et en toute humilité il sollicitera les connaissances de ses Frères pour son plus grand profit et son plein épanouissement.

…..  et sa signature, de fait, se profilera dans l’ombre du parchemin de sa vie.

J’ai dit, Vénérable.

(travail déposé sur le site en janvier 2014)


 

Je suis debout au bord de la plage.

Un voilier passe dans la brise du matin, et part vers l'océan.

Il est la Beauté, il est la Vie.

Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti ! »

 

Parti vers où ?

Parti de mon regard, c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut,

 sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

 

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : « il est parti ! »,

il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon

et venir vers eux, s'exclament avec joie : « le voilà ! »

 

C'est ça la mort !

Il n'y a pas de morts.

Il y a des vivants sur les deux rives.

 

Poème « Le Voilier » de William Blake

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